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    Quelles étapes pour ouvrir un salon de coiffure ?

    Création d'entreprise
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    4min Ouvrir un salon de coiffure constitue pour tout coiffeur un objectif à plus ou moins long terme. Lancer sa propre activité n’est pas en soi un projet complexe. Qui plus est, le marché de la coiffure est en reprise, après quelques années difficiles, le secteur est aujourd’hui le second secteur de l’artisanat français, derrière le BTP. Le secteur de la coiffure comprend trois types d’acteurs :
    • Les salons indépendants qui constituent la grande majorité des salons existants en France,
    • Les salons rattachés à une enseigne qui représentent 10% du marché,
    • Et enfin les coiffeurs à domicile.

    Tout comme le choix de votre spécialité, masculin, féminin ou mixte le choix de vous rallier ou non à une enseigne est une problématique que vous devez anticiper.

    1. Choisir son statut: artisan ou commerçant ?
    2. Activité et formation
    3. Choisir sa forme sociale
    4. Rédiger ses statuts
    5. La règlementation spécifique aux salons de coiffure

    ouvrir son salon de coiffure

    Choisir son statut: artisan ou commerçant ?

    En principe, l’activité d’un coiffeur est artisanale, qu’il exerce chez lui ou bien dans un salon. Etre artisan c’est faire valoir un savoir-faire. L’artisan exerce une activité professionnelle de production, de transformation, de production ou de prestation de services. A noter que vous avez la possibilité d’obtenir des labels qualités propres au métier d’artisan qui sauront valoriser vos compétences et votre savoir-faire aux yeux de votre future clientèle.

    Cependant, il est possible de cumuler le statut d’artisan et commerçant dès lors que le coiffeur achète et revend des produits de soin capillaire, accessoirement à son activité de coiffure. C’est une situation très courante chez les coiffeurs. Selon le code de commerce sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. 

    A partir du moment où vous avez le statut de commerçant, vous devez enregistrer votre activité au registre du commerce et des sociétés.

    Si vous êtes artisan, vous devez inscrire votre activité auprès du répertoire des métiers. Etre commerçant ne suppose pas l’obtention d’un diplôme, contrairement à l’artisan qui a besoin d’un diplôme ou titre homologué pour pouvoir exercer (ou justifier de l’exercice de l’activité depuis au moins 3 ans).

    Salon de coiffure : Activité et formation 

    Tout entrepreneur peut ouvrir un salon de coiffure sans être coiffeur lui-même. En revanche comme précisé ci-dessous, l’un des salariés doit être titulaire d’un diplôme de coiffure reconnu par l’Etat.

    Pour ouvrir son salon de coiffure, l’entrepreneur doit avoir l’un des titres suivants :

    • Brevet professionnel de coiffure ;
    • Brevet de maîtrise de coiffure ;
    • Diplôme inscrit au répertoire national de certification dans un domaine directement lié à celui de la coiffure.

    Il est néanmoins possible d’ouvrir son salon sans diplôme. Il faut alors qu’un de vos salariés ou votre conjoint (avec le statut de conjoint collaborateur ou conjoint-salarié) soit titulaire d’un de ces titres pour pouvoir exercer. Il ne s’agit pas de la meilleure solution car en cas d’absence de l’une de ces personnes, vous ne serez pas en mesure d’exercer.
    Une autre alternative existe pour pouvoir exercer sans diplôme :

    • Il faut que votre activité de coiffure soit exercée en complément de votre activité principale ;
    • Vous devez exercer dans une commune de moins de 2000 habitants ;
    • Vous devez coiffer uniquement des hommes

    Choisir sa forme sociale avant d'ouvrir un salon de coiffure

    Le choix de la forme sociale sous laquelle vous souhaitez exercer votre activité va dépendre de plusieurs facteurs tels que :

    • Votre volonté d’unir ou séparer le patrimoine du salon de coiffure et votre patrimoine personnel ;
    • Votre volonté de vous associer avec un autre coiffeur ou de travailler seul ;
    • Le régime de sécurité sociale auquel vous voulez être affilié.  
    Dans le cas d’un salon de coiffure vous avez le choix entre :
    • L’entreprise individuelle (EI) : si vous choisissez l’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée), vous bénéficierez des avantages du statut d’entreprises individuelle et ceux d’une société commerciale (notamment une responsabilité limitée : votre patrimoine personnel n’est pas lié à votre activité). Si vous souhaitez exercer indépendamment votre activité, il s’agit de la forme la plus adaptée. 
    • Le statut d’auto-entrepreneur : formalités administratives simplifiées et à faible coût, fiscalité et charges sociales allégées, travail en toute indépendance (voire à domicile), aucune comptabilité exigée par la loi et la rédaction des statuts n’est pas nécessaire. Mais forme relativement déconseillée car présente des seuils de chiffre d’affaires relativement bas à ne pas dépasser. En dehors de ces considérations, opter pour une micro-entreprise ne s’avère pas être un choix particulièrement judicieux. En effet, il vous sera impossible de déduire les charges du bénéfice imposable. Ce qui peut s’avérer problématique étant donné l’importance de celles-ci dans la gestion quotidienne d’un salon de coiffure. Qui plus est, les seuils de la micro-entreprise sont particulièrement restrictifs et peuvent rapidement aboutir à limiter le développement de votre activité. Mieux vaut donc opter pour une société, même s’il s’agit d’une entreprise individuelle ou unipersonnelle. 
    • Et la société commerciale (SARL, SAS, SASU, etc.) : qui suppose une volonté de vouloir s’associer. 

    Si vous choisissez cette dernière solution, le régime d’imposition est celui de l’impôt sur les sociétés (IS) pour toutes les sociétés (option à l’IR pour la SARL de famille). Enfin, le patrimoine personnel n’est pas lié à l'activité: la responsabilité est proportionnelle à l’apport que vous avez effectué pour constituer la société. Les contraintes de la société sont la rédaction des statuts, la comptabilité, l’établissement d’un siège social, l’approbation annuelle des comptes, le dépôt de la liasse fiscale (bilan et compte de résultat). La SARL et la SAS sont les formes les plus conseillées pour débuter une activité de salon de coiffure entre associés.

    Rédiger correctement ses statuts en cas de société commerciale

    Si vous choisissez la société commerciale, la rédaction de statuts est un acte juridique obligatoire qu’il ne faut pas prendre à la légère. Les statuts forment les fondations de votre société. Ils contiennent l’ensemble des règles de fonctionnement. Considéré comme un contrat de société, il définit les règles de majorité en assemblée, l’organisation de la gouvernance de la société, ou encore le fonctionnement des comptes courants d’associé.

    Dans le cadre d’une SARL ou d'une EURL, les statuts doivent obligatoirement comporter :

    • La forme de la société ;
    • La dénomination sociale ;
    • Le siège social ;
    • L’objet social de la société ;
    • Le montant du capital social ;
    • L’identité des associés fondateurs ;
    • Si apports en numéraire : dépôt des fonds ;
    • Les modalités de libération des apports en numéraire ;
    • L’évaluation des éventuels apports en nature ;
    • En cas d’apport en industrie : modalités de souscription des parts sociales par apport en industrie ;
    • La répartition des parts sociales entre associés.
    Il est important de bien se faire accompagner dans la rédaction des statuts pour optimiser l’organisation de son salon de coiffure.

    Le choix des locaux d'un salon de coiffure

    Pour trouver le local adapté à une activité de coiffeur, vous pouvez :

    • Conclure un bail commercial ;
    • Racheter un salon de coiffure déjà existant (fonds de commerce), ce qui suppose l’acquisition d’un bail commercial en cours et d’une clientèle ;
    • Passer par une location-gérance d’un fonds de commerce, c’est-à-dire louer le salon de coiffure pendant une certaine durée en contrepartie d’une redevance au propriétaire. Cette solution permet d’assurer la gestion du salon tout en évitant d’acheter à des frais élevés.

    La réalisation d’un stage de préparation à l’installation (SPI) de votre salon 

    Puisque vous exercez une activité artisanale, une inscription au répertoire des métiers est obligatoire. Or cette inscription s’accompagner d’un stage de préparation à l’installation SPI. Vous pouvez en revanche être dispensé de ce stage notamment lorsque vous êtes en mesure de justifier d’une formation en gestion au moins égale à la durée du stage ou lorsque vous avez déjà exercé à titre indépendant une activité inscrite au registre des métiers. 

    Bon à savoir : L'article 4 du projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) prévoit 2 modifications concernant le Stage de Préparation à l'Installation (SPI) :

    • Le SPI sera facultatif. L’article 2 de la loi n° 82-1091 du 23 décembre 1982 relative au stage préalable obligatoire du futur chef d’entreprise serait supprimé en conséquence. Il semblerait que le SPI sera facultatif qu’à partir du deuxième semestre 2019 (une fois le décret d’application voté),
    • Son coût sera abaissé à 194€.

    La réglementation spécifique aux salons de coiffures

    Ouvrir un salon de coiffure vous oblige à respecter un certain nombre de règles, dont il convient de prendre connaissance.

    La fixation des prix

    Vous êtes libres de fixer le prix que vous souhaitez pour l’ensemble de vos prestations de coiffure. Vous êtes tenus d’afficher les prix TTC, de manière visible et compréhensible tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du salon. Les factures que vous remettez à vos clients doivent naturellement préciser les prix HTC et TTC des prestations.

    En matière de TVA, vos activités seront soumises au taux normal de TVA. Les produits que vous vendez sont soumis au taux de TVA qui leurs sont propres, lorsque certains produits sont utilisés dans le cadre des prestations que vous proposez, ils peuvent être inclus dans les prestations de coiffure et donc soumis à la TVA.

    L’accueil du public

    Votre salon de coiffure a vocation à recevoir du public, vos locaux doivent donc respectés l’ensemble des normes en vigueur en matière de sécurité et d’hygiène. Ces règles sont valables tant pour vos clients que pour vos salariés d’ailleurs. En d’autres termes, il ne suffit pas que les locaux servant à accueillir le public soient conformes, mais bien l’ensemble de vos locaux, y compris les salles de pause ou vestiaires.

    Enfin si vous souhaitez proposer à votre clientèle de la musique dans votre salon de coiffure, vous devez obtenir préalablement une autorisation auprès de la SACEM, vous serez de plus redevable d’une redevance auprès de cet organisme. 

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      Anaïs Caglayan
      A propos de Anaïs Caglayan

      Anaïs est diplômée d’un Master 2 en Droit des Affaires à l’Université de Paris Sud Jean Monnet. Passionnée par le droit et l’entrepreneuriat, elle est une nouvelle fervente de cet écosystème si stimulant fédéré autour de la FrenchTech et de la Tech en général. Pour elle, la digitalisation est une force pour l’entrepreneur, et le sera davantage pour les avocats de demain.

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