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    Comment gérer la révocation d'un dirigeant ? Conseils de Me Rondot

    Gestion d'entreprise
    Captain Contrat
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    4min

    Le dirigeant de votre société a commis une faute de gestion, s’est rendu coupable d’abus de biens sociaux ou ne respecte pas le cadre légal et statutaire de la prise de décision ? Si tel est le cas, il est possible de mettre fin à son mandat social et de le révoquer. Comment faire ? Peut-on révoquer un dirigeant pour une simple mésentente ? Quelle procédure suivre ?

    Réponses et conseils de Maître Rondot, avocat spécialisé en contentieux des affaires.

     

    Jean Rondot L'auteur - Me Jean Rondot, avocat inscrit au barreau de Paris, est spécialisé en contentieux des affaires. Après avoir été formé dans des cabinets français et internationaux de premier plan, il a fondé, avec son associé, une structure indépendante et entrepreneuriale dédiée à la résolution des litiges.

     

    Au sommaire de ce guide : 

     

    1. Les causes de révocation les plus fréquentes
    2. La procédure de révocation
    3. Ce qui surprend le plus nos clients ? La dimension psychologique

    Des questions au sujet de la révocation de dirigeant ? Contactez Me Rondot

     

    Les causes de révocation les plus fréquentes

    Qu’il soit président, directeur général, directeur général délégué, administrateur, membre du conseil de surveillance, du directoire ou de tout autre organe de direction, les associés peuvent révoquer un dirigeant. 

    Parmi les causes les plus fréquentes de révocation, nous retrouvons principalement :  

    • La faute de gestion
    C’est une notion souvent floue car elle n’est pas définie par la loi ou la jurisprudence. Elle s’entend généralement d’une action ou d’une inaction du dirigeant allant à l’encontre de l’intérêt social de la société.

    C’est notamment le cas si le dirigeant ne déclare pas la cessation de paiement dans le délai légal des 45 jours alors que la société connaît de graves difficultés financières ou plus généralement lorsqu’il prend des risques inconsidérés ou fait des choix non stratégiques.

    • Des résultats insuffisants
    Un dirigeant est responsable de la bonne marche des affaires sociales de l’entreprise et du chiffre d’affaires. S’il s’avère qu’il n’est pas compétent et/ou que les résultats réalisés ne sont pas suffisants, il peut être révoqué par les associés. 
    • Le non-respect de la procédure des conventions réglementées 
    La conclusion de certaines conventions entre la société et les dirigeants ou associés doit respecter une procédure imposée par la loi. Pour être valables, elles doivent être autorisées par l’assemblée générale des associés. A défaut, la convention pourrait être annulée et le dirigeant ou l’associé concerné sera responsable des éventuelles conséquences dommageables pour la société.
    • L’abus de biens sociaux
    Il s’agit pour le dirigeant de profiter des biens ou services de la société dans un cadre purement personnel. C’est notamment le cas lorsqu’un dirigeant finance des réceptions privées avec les fonds de la société.

     

    En principe, la révocation d’un dirigeant doit intervenir sur un juste motif, c’est-à-dire être fondée sur une cause valable telle que l’abus de biens sociaux, la faute de gestion ou encore l’insuffisance des résultats. Pour autant, les statuts prévoient généralement que la révocation peut intervenir sans juste motif et sans délai, on dit qu’il s’agit d’une révocation ad nutum. Cela fragilise la protection du statut du dirigeant qui peut se voir destituer à tout moment, sous réserve de respecter la procédure de révocation.

    Révocation de dirigeants : conseils de Me Rondot

    La procédure de révocation 

    Généralement, la révocation est une décision prise par la collectivité des associés réunie en assemblée générale. Des subtilités peuvent exister en fonction de la forme sociale de la société ou tout simplement des statuts. Ainsi, en présence d’un pacte d’associés, il n’est pas rare de constater que la révocation d’un dirigeant doit être préalablement autorisée par l’organe de direction (comité ou conseil de surveillance), avant d’être adoptée en assemblée générale.

    La véritable difficulté de la procédure de révocation peut résider dans la réticence du dirigeant à convoquer l’assemblée générale pour statuer sur cette question. En effet, puisqu’il s’agit de sa révocation, il peut avoir tout intérêt à ne pas se montrer très enclin à convoquer l’assemblée générale devant statuer sur celle-ci.

    Pour y remédier, les statuts peuvent notamment prévoir que l’assemblée générale pourra être convoquée par des associés représentant plus de 10% du capital social. Ce type de clause se retrouve fréquemment dans les SAS, et d’autant plus lorsqu’il s’agit de start-ups qui ont bénéficié de levée de fonds car c’est un moyen de protection des intérêts des investisseurs.

    Par ailleurs, en cas de mésentente entre associés ou de réticence du dirigeant à le faire, il est possible pour tout associé de demander au tribunal de commerce la désignation d’un mandataire ad hoc. Ce dernier sera chargé de convoquer l’assemblée générale en lieu et place du dirigeant et de fixer à l’ordre du jour la révocation de celui-ci.

    A ce stade, la révocation n’est pourtant pas assurée. En effet, la décision est prise selon les règles de quorum et de majorité applicables aux assemblées générales conformément à la loi et aux statuts. Sauf disposition contraire, le dirigeant concerné, s’il est associé, ne peut être privé de son droit de vote et des situations de blocage peuvent ainsi survenir s’il est associé majoritaire.

    En dernier recours, il est donc possible d’obtenir la révocation judiciaire du dirigeant si la mésentente met en péril l’intérêt social mais il s’agit une procédure particulièrement compliquée et brutale.

    Enfin, il convient de porter une attention toute particulière au respect du contradictoire dans le cadre de la procédure de révocation : le dirigeant doit pouvoir se défendre face aux griefs qui lui sont reprochés. A défaut, il pourrait obtenir des dommages et intérêts pour révocation abusive. 

    Ce qui surprend le plus nos clients ? La dimension psychologique 

    La révocation d’un dirigeant peut intervenir de manière assez violente après des années de collaboration qui rendent cette décision difficile à comprendre et à accepter.

    C’est plus particulièrement le cas lorsqu’un dirigeant s’est investi corps et âme pour l’entreprise et qu’il subit brutalement une éviction.

    Il est impératif de tenir compte de ces aspects psychologiques déterminants qui entourent les problématiques de révocation.

    Dans tous les cas, il ne saurait être trop conseillé aux entreprises comme au dirigeant de recourir aux services d’un avocat dans le cadre d’une procédure de révocation afin de s’assurer du respect des droits et obligations de chacun.

     

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      Me Rondot
      A propos de Me Rondot

      Je suis spécialisé en droit des sociétés, en conseil comme en contentieux. Après avoir été formé dans des cabinets français et internationaux de premier plan pendant plusieurs années, j’ai, avec mon associé, fondé une structure indépendante et entrepreneuriale dédiée à la pratique du droit des affaires.

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