EkoTrip, la startup qui compte bien rendre éco-responsable les voyages d’affaires

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Je crée ma SAS
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Aujourd’hui, nous accueillons Charles Lacroux, CEO et co-fondateur de la société Ekotrip. Il nous présente son parcours, nous raconte ce qui l’a poussé à quitter le monde du salariat pour lancer sa startup en 2017 et nous partage ses retours d’expérience.

 

 

Bonjour Charles et merci d’avoir accepté de prendre la parole sur ce blog ! Pour commencer, peux-tu nous raconter comment a démarré l’aventure Ekotrip ? 

 

Charles  : J’ai lancé cette société avec Bastien Benloulou. Nous sommes deux associés d’une trentaine d’années avec des profils assez complémentaires, puisque Bastien est ingénieur tandis que j’ai fait école de commerce.

À la suite de nos études, on est allés travailler tous les deux en cabinet de conseil. Bastien chez Ekimetrics, avec des missions impliquant Big data, algorithmie et recommandations fondées sur de l’analyse de données. De mon côté, j’ai travaillé chez Bain & Company en conseil en stratégie.

 

Comment est née cette idée Ekotrip ?

 

Après quelques années en conseil, on s’est retrouvés tous les deux autour de ce constat que la gestion du voyage d’affaires était assez absurde et obsolète.

Absurde au niveau de l’expérience utilisateur déjà. Il y a un énorme décalage entre les expériences voyage loisir et voyage d’affaires aujourd’hui.

Le voyage loisir a fait sa révolution numérique il y a plus de 10 ans maintenant, alors que le voyage d’affaires peine toujours à la faire.

Si on regarde les outils de réservation dans le voyage d’affaires aujourd’hui, on n’est pas très loin du Minitel !

De plus, en regardant de plus près les comportements d’achat dans le cadre professionnel, il y a peu d’incitations à prendre les billets en avance, on ne fait pas forcément attention à ce qu’on dépense... Bref, le comportement rationnel d’optimisation qu’on a dans le cadre du voyage loisir ne se retrouve pas forcément dans le cadre du voyage d’affaires.

 

Que peux-tu nous dire sur le produit que vous avez lancé ?

 

Il s’agit d’un logiciel SaaS (Software as a Service), pour le moment sous forme de web app ordinateur uniquement, mais qui sera disponible fin 2019 sur mobile et tablette.

En 2 mots, notre plateforme de réservation de voyage d’affaires permet d’optimiser les dépenses en incitant les collaborateurs à adopter un comportement éco-responsable.

 

On l’a un peu compris, la dimension écologique tient une place importante dans votre projet. Est-ce que tu peux nous en dire plus à ce sujet ?

 

Toutes les solutions de voyage d’affaires présentes sur le marché aujourd’hui ne considèrent que 2 acteurs :  l’entreprise et les salariés. Chez EkoTrip, nous avons intégré la Planète comme 3ème acteur à part entière du voyage d’affaires. Notre but est d’aligner les intérêts entre ces 3 acteurs et d’être une véritable solution win-win.

D’un côté, les déplacements professionnels constituent le premier poste d’émission de CO2 des activités de bureaux. Pas mal de statistiques interpellent les salariés qui par exemple, ne réalisent pas qu’avec un aller-retour Paris - New York, ils ont rejeté plus d’une tonne de CO2, soit 25% de la contribution annuelle d’un français au gaz à effet de serre.

D’un autre côté, les entreprises commencent toutes à mettre en place des initiatives RSE, mais qui sont souvent décorrélées de l’impact CO2 de leurs propres salariés et sous forme d’actions "one-shot" dans l’année. Pour caricaturer, ces initiatives RSE se résument souvent  à une activité "géraniums plantés dans le parc en bas du bureau "ou "donation de 10 000€ à une association green".

Avec notre solution EkoTrip, on permet aux salariés d’être véritablement acteurs des initiatives RSE qui prennent tout leur sens en étant directement liées à l’impact CO2 de leurs déplacements professionnels. En parallèle, on calcule à l’échelle de l’entreprise l’empreinte carbone exacte sur le segment des déplacements professionnels (avion, train, location voiture et taxi) et on offre à nos entreprises clientes la possibilité de compenser cette empreinte en replantant des arbres. Chaque entreprise cliente EkoTrip obtient donc en fin d’année un pourcentage de compensation carbone avec évidemment l’objectif d’être "carbon neutral" sur l’ensemble de ses déplacements pros

Quelles tailles de sociétés visez-vous ? 

    

Notre cible c’est le Mid-market, donc les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) et les PME (Petites et Moyennes Entreprises) qui s'internationalisent et voyagent. Concrètement, ce sont des entreprises qui dépensent entre €300k et €3M par an en voyage d’affaires.

 

Concrètement, comment avez-vous créé Ekotrip ? Quelle forme juridique avez-vous choisie ? Avez-vous hésité avant de faire votre choix ?

 

On est en SAS (Société par Actions Simplifiée). On n’a pas trop hésité. On s’est fait accompagner à la fois par un avocat que nous avions dans notre réseau et de Captain Contrat pour des problèmes ad’hoc.

Au début, on était hébergés parmi des startups, et Captain Contrat s’imposait comme la référence, même dans le milieu des avocats. Je suis allé sur le site que j’ai trouvé très bien fait.

 

Aujourd’hui, peux-tu nous dire où en est Ekotrip ? Est-ce que vous avez embauché des salariés ?

 

Nous avons recruté une équipe de développeurs et après plus d’un an de R&D sur le logiciel, nous sommes en phase pilote chez nos premiers clients - avec qui, en fait, on a véritablement co-construit la solution pour répondre au mieux à leurs besoins.

 

Quels sont vos projets à venir à court terme ?

 

A court terme, notre objectif c’est de répondre véritablement aux besoins de ces clients pilotes, qui nous ont fait confiance et qui nous accompagnent depuis plusieurs mois sur la définition du cahier des charges du produit et sur les fonctionnalités à développer.

Notre priorité est de satisfaire ces clients là, pour ensuite continuer à améliorer et enrichir notre solution.

 

Est-ce que vous avez rencontré des blocages au démarrage ? Ou, au contraire, est-ce que tout s’est plutôt bien passé ?

 

A chaque étape ses difficultés.

Quand tu viens du monde du salariat, la première difficulté c’est d’abord de t’imposer un rythme et de te responsabiliser. Tu n’as plus personne derrière toi pour te dire quoi faire, si c’est bien ou pas et pour gérer tes horaires. C’est à toi de te responsabiliser.

Après, à mesure que la boite grossit, ce sont, je pense les difficultés classiques que l’on retrouve chez toutes les startups avec notamment la problématique du recrutement qui est sûrement la plus compliquée et chronophage.

Enfin, propre au monde du Travel, il y a ce cercle pervers des fournisseurs qui demandent du volume pour pouvoir distribuer leur inventaire, mais tu as besoin d’être connecté à leur inventaire justement pour faire du volume ! Bref, il faut réussir à vendre une perspective de croissance et arriver à embarquer ces fournisseurs dans l’aventure, au début sans chiffre d'affaires (CA)…

 

Aujourd’hui, est-ce que tu as une fierté que tu voudrais nous partager ? Un moment où tu t’es dit qu’un cap avait été franchi ?

 

Le fait d’embaucher des salariés bien sûr c’est gratifiant, le fait de signer ton premier client aussi et le fait que ta solution soit utilisée également. Ce sont d’autant plus des fiertés qu’elles s’accompagnent de pas mal de galères en amont, mais ça fait partie du jeu ! Pour ce qui est du cap franchi...peut-être quand on me demande des interviews comme aujourd’hui (je rigole bien sûr !).

 

Je reviens sur votre passage du statut de salarié à entrepreneur, est-ce que vous avez eu un déclic ? Qu’est-ce qui vous a fait sauter le pas à ce moment-là de votre vie ?

 

Je pense que c’est quelque chose qu’on avait bien mûri avec Bastien. C’est un choix qui n’est pas anodin et qui s’inscrit dans un projet long terme à la suite des études, des premières expériences professionnelles. Ça arrive à un point de notre carrière où on sait qu’on était prêts à le faire et on a géré les risques inhérents.

Même si on ne maîtrise pas tout, l’entrepreneuriat reste une prise de risques calculée, au niveau perso et pro. 

 

Pour finir, est-ce que tu aurais un conseil à donner à ceux qui veulent se lancer et qui hésitent encore ?

 

Ne pas laisser passer l’occasion d’entreprendre, je pense que trop de gens repoussent à plus tard leurs projets et finissent par ne même pas essayer de les lancer. Contrairement à ce qu’on pense, l’envie, l’ambition et la motivation nécessaires pour monter sa boîte passeront peut-être avec le temps, donc go !

Amélie Gautier

Écrit par

Amélie Gautier

Diplômée d'un Master en droit des affaires et passionnée par le monde de l'entreprise, Amélie s'efforce de rendre accessible les informations juridiques nécessaires aux entrepreneurs tout au long de leurs projets.

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