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Nelly Pitt, cofondatrice de BeautyMix : le robot dédié à la cosmétique maison

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Amélie Gautier
Écrit par Amélie Gautier
Diplômée d'un Master II en droit des affaires de l'Université de Versailles Saint-Quentin-en Yvelines, Amélie est responsable du contenu juridique de Captain Contrat depuis 2017.
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Bonjour Nelly, ravie de t’accueillir dans un nouvel épisode de notre série “Histoires d’entrepreneurs” et merci d’avoir accepté de partager avec nous ton expérience en tant que cofondatrice de BeautyMix

SOMMAIRE

  1. Présentations
  2. Quelle est la mission de BeautyMix ?
  3. D'où est venue cette idée de lancer BeautyMix ?
  4. Comment sont proposés les produits ? Et comment sont mises en place les recettes ?
  5. La création de la société BeautyMix avec Captain Contrat
  6. Quels ont été les enjeux autour de la propriété intellectuelle ?
  7. Quelles ont été les difficultés au lancement comme au développement de BeautyMix ?
  8. Quels ont été les types de financement ?
  9. Quels sont les enjeux de demain pour BeautyMix ?
  10. Les conseils de Nelly aux futurs entrepreneurs

 

 

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Captain Contrat - Pour commencer, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi et nous présenter ton parcours ?  

 

Nelly Pitt - Je m’appelle Nelly, je suis la cofondatrice de BeautyMix avec Mathieu. C’est une société que l’on a créé en 2018 (il y a 4 ans). A la base je n’ai pas un parcours d'entrepreneur, je suis ingénieure en environnement et j’ai travaillé pendant 15 ans dans un grand groupe à l'international. 

C’est à l’approche de la quarantaine que j’ai eu un besoin de changement, d’action, de recentrage de ma vie. C’est à ce moment là que j’ai eu le déclic entrepreneurial et que j’ai décidé de me lancer dans l’aventure BeautyMix. 



Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur le concept et la mission de BeautyMix ? 

 

NP - BeautyMix c’est un robot et une application mobile pour te permettre de fabriquer toi-même des produits de soin, d’hygiène et de maquillage. Concrètement, c’est une solution qui permet de créer sa propre crème hydratante, son propre rouge à lèvre, le tout hyper facilement. Il suffit d’ajouter les ingrédients, d’appuyer sur un bouton et en quelques minutes, le client profite de produits personnalisés qu’il crée lui-même en fonction de ses besoins. C’est une petite révolution dans la manière de consommer les produits de beauté. Notre ambition : donner aux consommateurs le contrôle de leurs produits du quotidien. 

 

Il y a donc cet enjeu d’avoir des produits propres, dans le respect de l’environnement, ce qui fait écho avec ton parcours d’ingénieur dans l’environnement. 

 

Concrètement, d’où est venue cette idée de lancer BeautyMix ?  

 

NP - L’idée est d’abord née de mes besoins personnels. J’habitais en Chine lorsque j’ai eu mon premier enfant, et j’avais une grosse problématique de confiance autour des produits que je pouvais trouver. Il y avait énormément de scandales sur la qualité des produits vendus en magasin. Lorsque j’ai eu mon enfant, j’ai eu d’autant plus peur de ce que j’allais mettre sur la peau de mon bébé. C’est à partir de là que j’ai commencé à fabriquer moi-même mes produits (grâce aussi à mes compétences techniques dans ce domaine). C’était pour moi la meilleure solution pour savoir ce que je mettais sur la peau de mon enfant, des ingrédients hyper clean et naturels. 

 

L’idée entrepreneuriale, quant à elle, naît après plusieurs années de cosmétiques maisons.  C’était l’idée de faire LE robot à tout faire pour les produits cosmétiques, un peu comme les Magimix qui existent en cuisine. 

 

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Aujourd’hui comment sont proposés tes produits ? Via un site internet ? 

 

NP - On est omnicanal. Notre robot est distribué en magasin (500 points de vente en France) en particulier dans tous les magasins Boulanger, Nature&Découvertes, mais aussi dans les Monoprix, Fnac, Darty… 

A côté, nous proposons une application mobile gratuite (BeautyMix), sur laquelle les utilisateurs peuvent trouver, acheter et se faire livrer tous les ingrédients, accessoires nécessaires à la fabrication des produits, ainsi que des recettes associées. 

Nous avons donc une partie e-commerce avec notre site “BeautyMix.fr” et notre app mobile et une partie physique avec notre robot vendu en magasin. 

 

Comment sont mises en place ces recettes ? Les idées viennent de demandes d’utilisateurs ?

 

NP - On part vraiment des demandes des utilisateurs et utilisatrices. Notre ambition c'était de proposer une alternative aux produits “industriels”, mais une alternative qui soit minimaliste pour revenir aux essentiels. L’idée de départ c’était de proposer des recettes pour tous les basiques du quotidien : le déodorant, le shampoing, le dentifrice, la crème hydratante…

Ces essentiels ont été proposés avec le moins d’ingrédients possible pour que la solution soit la plus efficace et la plus accessible possible. Notre idée de base, c’est vraiment faire plus avec moins. 

Puis au fil du temps, nous avons enrichi cette base d'essentiels avec ce que nous demandaient nos utilisateurs et notre communauté. Nous avons alors développé des recettes de sérums et de produits plus ciblés en termes d’action (produits anti-âge, matifiant) pour répondre aux problématiques de nos utilisateurs. 

 

Une fois l’idée trouvée, il a fallu se lancer et créer une structure juridique pour encadrer cette activité. Concrètement comment s’est passée la création de la société BeautyMix avec ton associé ? 

 

NP - Nous sommes une vraie startup familiale puisque mon associé n’est autre que mon petit frère. Quand j’ai eu l’idée de me lancer dans ce projet, avec mes compétences d’ingénieur, j’étais centrée sur la conception du robot, de la partie hardware, tout ce qui est lié à l’électroménager. Mais j'avais besoin de compétences pour développer toute la partie software, donc toute la partie appli mobile, intelligence embarquée sur le robot et site internet. Et il se trouve que mon petit frère est expert sur le sujet, l’association s’est donc faite de manière très naturelle. 

La création de la société s’est faite assez rapidement. J’ai quitté mon job fin décembre 2017 et nous avons créé la société en février 2018. 

Alors certains se posent peut-être la question du choix de la date pour créer sa société. Est-ce qu’il y a un bon moment dans l’année pour créer une structure ? C’est une très bonne question à se poser. Pour nous, l’enjeu de la date du lancement était lié à la possibilité de lever des financements par la suite. Comme nous avions un projet hardware, donc un développement de produit physique, nous avions vraiment besoin d’argent pour financer toute la R&D, le prototypage, etc. 

C’était donc notre réflexion de base : nous avions besoin de créer rapidement la société pour trouver des financements et avancer dans notre développement. 

Notre idée était déjà bien claire, nous savions exactement ce que nous voulions fabriquer. On avait un business plan clair dans notre tête, ainsi qu’une vue de notre marché et son potentiel. 

Nous avons créé une SAS sans vraiment y réfléchir, nous avons seulement regardé ce qu’il se faisait autour de nous. On a vu que tout le monde faisait des SAS donc a choisi cela.  Mais nous n’avons aujourd’hui aucun regret sur ce choix, c’était la forme adaptée à notre projet de startup.  

 

Pour gérer la création de votre SAS, vous êtes passés par Captain Contrat ? Comment avez-vous connu notre service ?

 

NP - J’ai connu Captain Contrat en faisant une recherche sur internet. Et pour le choix de passer par vos services, il se trouve que nous étions dans une configuration de confiance entre associés, donc une configuration assez simple. 

On avait une société à créer mais pas de négociation très complexe à faire au regard de notre filiation (frère et soeur) et de la bonne entente entre nous. On recherchait surtout une solution efficace qui nous permettrait de créer rapidement notre société. Avec Captain Contrat ça s’est fait très facilement et rapidement. 

Nous avions d’ailleurs fait appel à un avocat partenaire de Captain Contrat pour assurer la rédaction de nos statuts. Les échanges ont été très rapides et très faciles. 

 

Petit zoom sur le nom de votre société, votre marque, votre nom de domaine. J’imagine que vous avez eu des enjeux autour de la propriété intellectuelle ? 

 

NP - BeautyByMe est le nom de notre société, notre marque est BeautyMix et notre nom de domaine BeautyMix.fr. 

Aux yeux du public nous sommes BeautyMix, c’est notre marque déposée.

Dans le domaine de l’innovation, des startups, l’un des gros enjeux est celui de la propriété intellectuelle. 

D’ailleurs avant même de créer l’entreprise, l’enjeu a été de déposer un brevet dès 2017. Avant de parler de son projet, il primordial d’avoir couché noir sur blanc que nous étions les premiers à y avoir penser et ainsi créer une antériorité. 

Puis il y a la partie marque. J’adore notre nom de marque BeautyMix. On a voulu quelque chose de très simple, accessible, abordable, ouvert à tous et qui explique très bien ce que l’on fait. 

Nous proposons des produits de beauté, de la cosmétique donc “Beauty”, à faire soi-même, à créer, à mixer soi-même d’où le “mix”. Et puis cela rappelle les robots qui peuvent exister dans la cuisine. Donc en général lorsqu’on se présente sous le nom BeautyMix, les gens comprennent immédiatement ce que l’on fait. 

Nous avons eu la chance de pouvoir déposer la marque sans difficulté, le nom n’était déposé ni en France ni en Europe. Nous avons travaillé avec un avocat spécialisé lors de ce dépôt de marque. La plus-value de ce professionnel était d’autant plus importante au stade de la recherche d'antériorité. Il n’est pas simple d’interpréter les résultats de la recherche de disponibilité (recherche à l'identique et recherche de similarités). Nous voulions être sûrs de n'empièter sur les plates-bandes de personne.    

 

Avec la prise de recul aujourd’hui, est-ce que tu repenses à des challenges ou des difficultés qui ont accompagné le lancement de ta société et aujourd’hui son développement ? 

 

NP - Je suis une personne “verre à moitié plein”, je n’ai aucun regret sur ce qui a pu se passer depuis la création de l’entreprise. Même les difficultés ont été des sources d’apprentissage et tous les challenges rencontrés nous ont aidé à avancer et à faire mieux derrière. 

Mais des challenges il y en a eu plein et aujourd’hui encore à chaque étape de développement de la société, il y a de grosses difficultés à surmonter. 

Le premier challenge a été d’être crédible pour aller chercher des financements. On a pu en trouver en particulier auprès d’acteurs régionaux (notamment BPI Centre Val de Loire). 

Cela fait notamment suite à l’une des décisions que nous avons prises qui était de nous implanter à Chartres, en région Centre Val de Loire, alors que je vivais à l’époque en région parisienne. J’avais l’ambition de créer une entreprise qui crée de l’emploi en région, en dehors de l'Ile-de-France. C’est aussi pour mes enfants que j’aspirais à m’éloigner de la ville et en tant que créateur d’entreprise tu as cette opportunité de créer de l’emploi dans la région où tu as envie de vivre. 

Deuxième challenge : créer son produit. Il y a vraiment beaucoup d’allers-retours avec les clients pour créer un produit qui corresponde à leurs attentes et qui soit bien positionné sur le marché. On ne compte plus les itérations, le produit a énormément évolué entre nos idées du début et ce que nous avons in fine mis sur le marché. C’est un gros challenge et il ne faut pas avoir peur de mettre à la poubelle ce qui a été réalisé au début si l’on se rend compte que ce n’était pas une bonne idée. 

Troisième challenge : une fois que le produit existe, il faut le vendre. On pense qu’une fois le produit créé, la suite avancera comme sur des rails, mais en réalité à chaque étape c’est un nouveau challenge qui se présente à toi. 

Il a donc fallu trouver des distributeurs. Il y a alors des choix à faire : on peut faire le choix de vendre uniquement en ligne et se faire connaître ensuite dans la sphère hyper compétitive du digital ou choisir de vendre en magasin, et dans ce cas il faut se faire une place en rayonnage. Cela implique qu’une autre marque sorte des rayons pour faire de la place. 

Nous avons choisi une solution intermédiaire, omnicanal, en ligne et en magasin. C’est alors que nous avons eu la chance de rencontrer Boulanger. Ils ont été les premiers à nous faire confiance au CES de Las Vegas à l’occasion d’un salon de l'électronique. Nous avons donc traversé la planète pour rencontrer un acteur et distributeur français qui nous a fait confiance et nous a mis en magasin. 

 

En parallèle de ces challenges, vous avez sans doute été aussi contraints par des réglementations spécifiques autour de la cosmétique ?

 

NP - Oui, en UE il y a un règlement cosmétique très strict et contraignant pour la sécurité du consommateur. Notre challenge était de développer une solution 100% conforme au règlement cosmétique européen, c’est ce qui nous a guidé dès le début. 

 

On parlait d'enjeux autour du financement. Est-ce que tu peux nous en dire davantage sur ce point ? Quels types de financement êtes-vous allés chercher et comment ?

 

NP - On a eu une trajectoire financière assez intéressante. Notre financement initial s’est fait uniquement avec des avances remboursables, donc avec de la dette contractée auprès de la Banque Populaire, de la BPI, et de la région Centre. Uniquement du non-dilutif, ce qui était important pour nous en tant que fondateurs car on conservait 100% des parts et on gardait notre autonomie sur l’organisation de la société. 

Mais après quelques années, on s’est rendu compte qu’on avait besoin de plus d’argent, de fonds de roulement pour alimenter la croissance. Mais au-delà de l’argent, on avait aussi besoin de l’expertise et de la compétence d’un board pour nous guider. 

Et alors dans un contexte très particulier, nous avons été contactés par l’émission de télévision  “Qui veut être mon associé ? ”sur M6. La production cherchait des projets innovants à la recherche de fonds. Nous avons donc participé à cette super aventure et réalisé une levée de fonds assez unique en live sur un plateau de télé, devant des investisseurs. Cela nous a permis de trouver un nouvel associé, Jean-Pierre Nadir, qui nous a rejoint en 2021. Il nous a apporté non seulement un investissement pour nous aider à avancer, mais aussi des supers conseils d’entrepreneurs. Au lieu de passer 6 mois à faire une levée de fonds, on a passé seulement une heure sur un plateau de télé. C’était la levée de fonds la plus efficace que l’on pouvait imaginer. 

Le tournage a eu lieu en mars 2021 et a été diffusé en janvier 2022 à la télévision. C'était très intense de faire un pitch de 45 min qui s’adresse aux investisseurs certes, mais aussi au public devant sa télévision. C’était un vrai challenge et une super expérience que de pouvoir se lancer devant les caméras pour cet exercice. 

 

Quels sont les enjeux de demain pour BeautyMix ? Tu parlais de créer des emplois, à ce sujet combien êtes-vous aujourd’hui chez BeautyMix ? 

 

NP - Aujourd’hui nous sommes 12 dans l’équipe. Faire grossir l’équipe et recruter les bonnes personnes est vraiment l’enjeu central quand l’entreprise grandit.

Un recrutement c’est vraiment comme un mariage, il y a cette question de match entre l’entreprise et la personne,  en termes de valeurs, de façon de travailler, de compétences. Créer un groupe qui travaille bien ensemble avec des compétences complémentaires et qui veulent aller dans la même direction, c’est compliqué. C’est une vraie alchimie sur laquelle on travaille chaque jour pour atteindre ce challenge de la croissance durable. 

 

Au-delà de faire grossir l’équipe, quels sont vos enjeux, vos objectifs pour demain ? 

 

NP - On passe les étapes petit à petit. Aujourd’hui l’étape que l’on est en train de franchir c'est celle de l’international, de l’export. Cela crée de nouveaux challenges car il y a de nouvelles contraintes réglementaires, de nouvelles contraintes douanières, linguistiques et s’adapter à de nouveaux marchés. Cela nous remet en question constamment. 

 

Conseils que tu donnerais à un entrepreneur qui souhaite se lancer ? 

 

NP - Les deux conseils qui pour moi sont centraux pour entreprendre c’est de parler, échanger au maximum pour faire naître, évoluer et faire grandir ton projet. Il faut parler de son projet autour de soi, pour recevoir le plus de feedbacks et de conseils possibles. Il y a aussi plein de structures d’accompagnement très intéressantes pour aider les entrepreneurs à se lancer. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner : cela fait gagner énormément de temps et permet d’éviter pas mal d’embuches. 

Deuxième conseil : ne jamais baisser les bras. Il faut savoir et accepter le fait que entreprendre c’est aussi galérer et c’est normal, tout le monde passe par là. Les galères sont des étapes pour grandir. Chaque problème surmonté est une façon d’améliorer son projet et d’aller plus loin. 

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Et bien, ce sera le mot de la fin. Merci Nelly d’avoir partagé avec nous ton expérience et l’histoire de BeautyMix.

Belle continuation et nous vous souhaitons beaucoup de succès dans vos projets futurs. 

 

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Tatiana - photo rappel sales (blog)
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