Droits moraux et patrimoniaux : quels droits peut-on céder ?

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Sommaire

 En matière de création, l’auteur bénéficie de droits moraux et patrimoniaux qui se distinguent par leur domaine de protection et leur possibilité d’être cédés ou non.

Les droits moraux

 

Par définition, le droit moral est rattaché à la personne de l’auteur. Ce dernier jouit ainsi du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son œuvre. Aussi, le droit moral englobe les droits suivants :

  • Droit de divulgation
  • Droit de paternité
  • Droit au respect de l’œuvre
  • Droit au retrait et de repentir

 

Le droit de divulgation

Le droit de divulgation s’applique à l’auteur et à ses ayant-droits. Il leur permet notamment de décider du caractère public ou non, des conditions et des procédés d’exploitation d’une œuvre signée par l’auteur.

Le droit de paternité

L’auteur jouit aussi du droit de paternité. Grâce à celui-ci, il peut légalement se faire connaître en tant qu’auteur d’une œuvre rendue publique, sous un pseudo, sous couvert de l’anonymat ou sous son identité réelle. Il peut également interdire à toute tierce personne d’usurper la paternité de son œuvre.

Le droit au respect de l’œuvre

Quant au droit au respect de l’œuvre, il couvre l’auteur si ce dernier s’oppose à la modification de son œuvre sous quelque forme que ce soit.

Le droit de retrait et de repentir

Le droit de retrait et de repentir permet à l’auteur de mettre fin à un contrat d’exploitation et à la diffusion de son œuvre suite à un contrat de cession des droits. Même s’il n’est soumis à aucun devoir de justification, il devra s’acquitter d’une juste indemnisation envers le concessionnaire.

Les prérogatives des titulaires de ces droits

 

Le droit moral se caractérise par le fait qu’il est perpétuel, inaliénable, imprescriptible et insaisissable. Par conséquent, il perdure même si l’auteur ou ses héritiers font face à des créances, ou s’il a été signé un contrat quel qu’il soit. Aussi, l’auteur ne peut, en aucun cas, renoncer à l’exercice de ce droit.

Il est impossible de céder ses droits moraux. En effet, toute clause de transfert ou de cession du droit moral est nulle, du fait de son caractère inaliénable. En revanche, les héritiers de l’auteur peuvent effectivement jouir des droits moraux de l’auteur d’une œuvre, car ils sont imprescriptibles. Par conséquent, tant que l’œuvre aura une existence dans l’univers artistique, le droit moral pourra être exercé de la même manière que l’auteur en aura joui de son vivant.

Les droits patrimoniaux

 

Le droit patrimonial souligne l’appartenance d’une œuvre à un auteur. Il accorde à ce dernier la liberté d’exploiter sa création, de la représenter ou de la reproduire à sa guise, dans un but lucratif ou non. Le droit patrimonial permet également à l’auteur d’accorder ou non l’autorisation, à un tiers, d’exploiter son œuvre contre rémunération.

Comme le droit moral, le droit patrimonial englobe une série de droits, à savoir :

  • Le droit de représentation
  • Le droit de reproduction
  • Le droit de suite
  • Le droit de destination

Le droit de représentation

Le droit de représentation permet à l’auteur de diffuser de lui-même, ou par le biais d’un tiers, son œuvre par tous les moyens.

Le droit de reproduction

Le droit de reproduction offre à l’auteur la possibilité d’autoriser l’enregistrement de son œuvre sur des supports, et par un procédé préalablement défini par lui-même, à des fins de diffusion.

Le droit de suite

Grâce au droit de suite, l’auteur a la possibilité de participer au produit de la revente ultérieure de ses œuvres. Il s’applique notamment aux graphistes et aux plasticiens.

Le droit de destination

Le droit de destination permet à l’auteur de faire respecter l’objectif premier de son œuvre : sensibilisation, divertissement, culture, etc.

Les prérogatives des titulaires de ces droits

 

Dans un premier temps, le droit patrimonial est réservé à l’auteur de l’œuvre. Cependant, par le biais d’un contrat de cession des droits, il est possible de le transmettre à un tiers, gratuitement ou contre rémunération (cette dernière option étant plus courante).

En revanche, le droit patrimonial est limité dans le temps. Les prérogatives sont en effet reconnues ad vitam pour l’auteur, et ses ayant-droits peuvent en jouir durant 70 ans après son décès.

Est-il possible de céder les droits patrimoniaux et sous quelles conditions ?

 

En matière de droit patrimonial, il est possible de céder les droits de reproduction et de représentation pour une œuvre donnée. Néanmoins, il est impossible de céder toutes ses œuvres d’une manière globale.

Un contrat devra être établi afin d’établir dans quelle mesure céder les droits sur chaque œuvre. Il s’agit d’un contrat de cession des droits, qui doit bien limiter les possibilités, les obligations et les droits de chaque partie.

En principe, la cession des droits patrimoniaux s’opère contre une rémunération proportionnelle aux recettes provenant de la vente ou de l’exploitation de l’œuvre. Cette condition demeure à l’appréciation de l’auteur et doit impérativement être stipulée dans le contrat. Dans l’éventualité où le document comporterait des zones d’ombres, l’interprétation de l’auteur sera privilégiée d’un point de vue juridique.

Par ailleurs, certaines exceptions sont applicables à la Bibliothèque Nationale de France. Cette dernière est exemptée de l’autorisation de l’auteur, dans des cas particuliers ne portant pas préjudice ou atteinte à l’exploitation ordinaire de l’œuvre.

Les différences principales entre ces deux types de droit

 

La principale différence entre le droit moral et le droit patrimonial réside dans l’exclusivité accordée à l’auteur, ses ayant-droits et ses héritiers. Aussi, le droit moral protège la signature et la propriété de l’œuvre, tandis que le droit patrimonial régule et protège l’exploitation qui en est faite par les deux parties. Dans les deux cas, l’objectif est d’assurer la protection maximale de l’auteur et son œuvre.

Le droit moral et le droit patrimonial sont deux paramètres à considérer avec la plus grande précaution lors de la rédaction ou la conclusion d’un contrat de cession des droits ou de licence de droit. Vu leur valeur juridique, il serait plus judicieux de faire appel à un professionnel afin de garantir la plus haute protection aux deux parties.

Amélie Gautier

Écrit par

Amélie Gautier

Diplômée d'un Master en droit des affaires et passionnée par le monde de l'entreprise, Amélie s'efforce de rendre accessible les informations juridiques nécessaires aux entrepreneurs tout au long de leurs projets.

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