Créer sa start-up en période de crise : les conseils de Me Smadja

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Les conséquences économiques liées à la crise du Covid-19 s’annoncent d’ores et déjà importantes. Afin d’assurer la sécurité sanitaire, la moitié de la population mondiale a connu une période de confinement suite aux décisions gouvernementales, laissant uniquement fonctionner l’économie dite essentielle (commerce alimentaire, notamment). Face à ce constat, il semble alors difficile de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale avec assurance. Pourtant, des opportunités existent. Maître Smadja vous livre ses conseils pour créer sa start-up en période de crise.

Saisir l’opportunité de marché

La crise économique n’implique pas nécessairement le fait que tous les secteurs d’activité soient en berne. Bien au contraire, certains secteurs ne connaissent pas et ne connaîtront jamais la crise car la demande sera constante. Tel est le cas, notamment, de l’alimentation, des énergies renouvelables, des initiatives RSE et des services à la personne.

De plus, chaque crise fait naître de nouveaux besoins et de nouvelles façons de consommer. A cet égard, la crise sanitaire du Covid-19 a fait croître la nécessité de développer les ventes en ligne, notamment pour les entreprises disposant uniquement de points de vente physiques.

Il faut bien se rendre compte que cette période entraîne souvent un repli sur soi-même des concurrents. Frappés par les conséquences de la crise et l’obligation de se réinventer, ils sont moins attentifs à l’émergence de nouveaux acteurs.

Vous l’aurez compris, une crise est l’occasion pour les entrepreneurs inventifs et créatifs de s’implanter sur un nouveau marché ou de s’insérer dans un marché existant mais peu développé.

Pour cela, une étude de marché est indispensable et bien sûr, il vous faudra proposer un produit innovant en adéquation avec le nouveau mode de consommation qui va se développer les années suivant la crise.

Profiter des circonstances de la crise

Comme indiqué précédemment, la crise peut être à l’origine de circonstances favorables et propices au développement d’une nouvelle entreprise.

C’est le cas, notamment, si votre projet implique d’embaucher un certain nombre de personnes qualifiées : la tension du marché de l’emploi peut favoriser votre recrutement, sans surcoût.

De la même façon, votre marge de négociation avec des fournisseurs et autres cocontractants dont vous pourriez avoir besoin sera plus importante, ces derniers ne pouvant se permettre de perdre un client.

Autre impact de la crise : le temps. Pressés par la création de leur projet, la plupart des entrepreneurs ne prennent pas nécessairement conscience du fait que la phase de création et de développement puisse durer dans le temps. La paralysie partielle du marché en période de crise permet ainsi de développer un produit optimal, de le challenger et de le perfectionner.

Assurer une fidélisation des clients sur le long terme

L’un des enjeux majeurs qu’il vous faudra affronter, c’est bien évidemment d’assurer la pérennité de votre bien ou service sur le long terme. Saisir une opportunité de marché en période de crise ne signifie pas répondre à un besoin à l’instant T, mais de répondre à un besoin qui ne cessera de croître à l’avenir.

Il est donc important de se poser les bonnes questions et de penser à l’après, et ce, avant même de se lancer. Est-ce que votre offre innovante est un secteur d’avenir ? Quel élément va séduire le client et le convaincre de vous faire confiance ? Est-ce que cela répond à un besoin permanent ou temporaire ? Quelle évolution du produit pourriez-vous proposer à votre clientèle une fois que celle-ci sera fidélisée ? Comment maintenir votre positionnement et conserver la part de marché que vous vous apprêtez à conquérir ?

Anticiper les besoins de financement

C’est peut-être LA préoccupation des entrepreneurs qui se lancent en période de crise. Et en effet, l’idée reçue est qu’il va être difficile de trouver des financements, les banques ayant plus de mal à prêter, les fonds et les investisseurs ayant plus d’exigences qu’en temps normal.

Ce n’est ni totalement vrai, ni totalement faux.

D’une part car les fondateurs de start up peuvent disposer d’aides au démarrage et notamment de la love money (capitaux propres apportés par la famille, les amis et les proches). Ils sont également soutenus par les business angels au profit de projets innovants, même en période de crise.

D’autre part, le temps de créer votre start-up, de commercialiser votre offre et de prendre position sur le marché ne permet pas une levée de fonds immédiate. Vous vous tournerez en premier lieu vers les incubateurs puis vers les accélérateurs avant d’envisager une levée de fonds.

Enfin, il est important de souligner qu’en période de crise, il vous revient de repenser votre business model pour assurer votre rentabilité en diminuant les coûts excessifs. Prendre le risque de se lancer en des temps troublés, c’est aborder instinctivement les choses sous l’angle de l’économie afin de limiter les pertes.

Ne pas négliger les aspects juridiques de la création de start-up (forme sociale, pacte d’associés)

L’un des risques lors de la création d’une start-up en période de crise est la précipitation. Pressé de saisir l’opportunité de marché qui s’offre à eux, les jeunes entrepreneurs peuvent avoir tendance à aller vite, voire omettre certains aspects importants.

Or, vous ne vous lancez pas sur le terrain de l’entrepreneuriat pour quelques mois uniquement. Votre start-up a vocation à se pérenniser et à accueillir par la suite de nouveaux investisseurs.

Toute la partie formelle de la création d’entreprise doit donc être scrupuleusement menée.

Au titre des points d’attention, on retrouve notamment le choix de la forme sociale. Certaines d’entre elles, à l’instar de la SARL, offrent un cadre très réglementé, avec des statuts très encadrés. A la différence de la SAS, par exemple, laquelle offre une grande liberté dans la rédaction des statuts, dans la gestion de la société mais également par la suite dans la mise en place d’outils d’intéressement au capital. Pour toutes ces raisons, les start-up sont généralement constituées aujourd’hui sous forme de SAS.

En cas de pluralité de fondateurs, il est important de définir le rôle de chacun dès le départ. Est-ce que l’ensemble des fondateurs a vocation à jouer un rôle actif en tant que dirigeant ou mandataire social dans la gestion de l’entreprise ou certains ne jouent qu’un rôle passif en apportant des fonds ? La responsabilité et l’investissement varient dans l’une et l’autre des situations. La répartition du capital devra donc se faire à la hauteur des responsabilités endossées par les actionnaires.

A ce propos, il est généralement conseillé d’encadrer les relations entre les actionnaires ou associés autour d’un pacte d’actionnaires ou d’associés. Certaines clauses sont particulièrement importantes à l’instar de celles qui définissent les conditions de transfert de titres en cas de départ d’un associé ou d’entrée au capital d’un investisseur. C’est également au sein du pacte qu’il est possible de prévoir le transfert des droits de propriété intellectuelle nécessaire pour que la société exploite le produit ou le service proposé à la clientèle.

Chacune de ces étapes formelles est aussi importante en temps de crise qu’en temps normal. Il n’est pas toujours évident de s’y retrouver et d’avoir à l’esprit les points importants sur lesquels il convient de s’arrêter. C’est pourquoi il est important de se faire accompagner par un conseil extérieur qui maîtrise ces sujets, qui saura prendre le recul nécessaire à votre place et vous accompagnera ensuite tout le long de votre vie entrepreneuriale.

Me David Smadja

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Me David Smadja

Me David SMADJA, avocat à la cour, associé fondateur du cabinet DJS Avocats, spécialisé en droit des sociétés. Il accompagne des sociétés innovantes à forte dimension technologique. Il intervient sur les opérations de haut de bilan (levée de fonds, BSA, BSPCE, BSA AIR) et assiste les dirigeants dans la structuration juridique et fiscale de leurs managements packages.

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