Ravis de vous revoir ! Votre démarche a été enregistrée  🚀 Reprendre ma démarche
Reprendre ma démarche
🌟 Création d’entreprise + Comptabilité : démarrez votre activité sans frais Découvrir notre offre à 0€
01 83 81 67 25
  1. Ressources
  2. Fermer votre entreprise
  3. Entreprise en difficulté
  4. Procédure de redressement judiciaire : guide complet pour les entreprises en difficulté

Procédure de redressement judiciaire : guide complet pour les entreprises en difficulté

Sofia El Allaki
Écrit par Sofia El Allaki . Diplômée d'un Master II en Droit des affaires
icon L'essentiel de l'article L'essentiel de l'article
  • La procédure de redressement judiciaire permet aux entreprises en cessation des paiements de poursuivre leur activité sous contrôle judiciaire.
  • Le dirigeant doit déposer sa demande dans les 45 jours suivant la cessation des paiements, sous peine de sanctions personnelles pouvant aller jusqu'à l'interdiction de gérer pour 15 ans.
  • La procédure débute par une période d'observation de 6 à 18 mois maximum permettant d'établir un diagnostic et d'élaborer un plan de redressement.
  • Trois solutions peuvent être adoptées : un plan de continuation sur 10 ans maximum, la cession totale ou partielle à un repreneur, ou la liquidation judiciaire si le redressement s'avère impossible.
  • Le tribunal nomme un juge-commissaire qui supervise la procédure, un mandataire judiciaire qui représente les créanciers, et parfois un administrateur judiciaire qui assiste la gestion.

Qu'est-ce qu’une procédure de redressement judiciaire ?

 

Le redressement judiciaire est une procédure collective définie à l'article L631-1 du Code de commerce. Elle s'applique aux entreprises en difficulté qui, "dans l'impossibilité de rembourser ses dettes échues (passif exigible) avec sa trésorerie et ses biens facilement vendables (actif disponible)", sont en cessation des paiements.

Cette procédure collective poursuit deux objectifs principaux. D'abord, préserver l'activité économique viable. Ensuite, organiser le règlement des dettes. Contrairement à la liquidation judiciaire qui entraîne la fermeture définitive, le redressement suppose que l'entreprise conserve des perspectives d'avenir et mérite d'être sauvegardée.

La procédure de redressement judiciaire poursuit trois objectifs complémentaires : 

  • permettre la poursuite de l'activité économique, 
  • maintenir l'emploi pour préserver le tissu social,
  • et organiser l'apurement du passif de manière équitable entre tous les créanciers.

 

À noter :
Le redressement judiciaire se distingue de la procédure de sauvegarde qui intervient avant la cessation des paiements, et de la liquidation judiciaire qui sanctionne l'impossibilité de redressement.

Maintenant que nous avons défini le redressement judiciaire, voyons quelles entreprises peuvent en bénéficier.

 

Qui peut bénéficier du redressement judiciaire ?

 

Quelles sont les entreprises concernées par le redressement judiciaire ? 

 

La procédure de redressement judiciaire présente un champ d'application très large. Elle concerne toute personne exerçant une activité commerciale, qu'il s'agisse d'un commerçant individuel ou d'un artisan. Les entrepreneurs individuels et micro-entrepreneurs peuvent également en bénéficier, ainsi que toutes les personnes morales de droit privé comme les sociétés commerciales ou les associations.

Les professionnels libéraux soumis à un statut réglementaire entrent aussi dans ce périmètre, ce qui témoigne de la volonté du législateur de proposer un dispositif de sauvegarde universel pour toutes les activités économiques en difficulté.

 

Quelles sont les conditions d'ouverture d’un redressement judiciaire ?

 

Pour qu'une demande d'ouverture soit recevable, deux conditions cumulatives doivent être réunies :

  1. L'entreprise doit d'abord être en état de cessation des paiements, c'est-à-dire dans l'incapacité de rembourser ses dettes échues avec son actif disponible. Cette situation financière doit être constatée de manière objective.
  2. La seconde condition porte sur les perspectives de redressement : la situation ne doit pas être irrémédiablement compromise. Le tribunal doit pouvoir identifier des chances sérieuses de rétablissement de l'entreprise.
Point de vigilance :
Les entreprises de moins de 20 salariés avec un passif inférieur à 3 millions d'euros peuvent bénéficier de la procédure de traitement de sortie de crise, version simplifiée du redressement judiciaire.

 

Qui peut demander l'ouverture du redressement judiciaire ?

 

L’obligation du dirigeant d'entreprise

 

Le chef d'entreprise porte la responsabilité principale de déclencher la procédure. Il a l'obligation légale de déposer une demande d'ouverture dans les 45 jours suivant la cessation des paiements. Cette obligation vise à éviter l'aggravation de la situation financière et à préserver les intérêts des créanciers.

Le dirigeant qui constate l'impossibilité de faire face aux échéances ne peut donc pas attendre indéfiniment. Cette règle s'applique aussi bien aux personnes physiques qu'aux représentants légaux des personnes morales.

Exemple :
Un dirigeant qui constate le 1er janvier 2024 que son entreprise ne peut plus honorer ses échéances doit impérativement saisir le tribunal avant le 15 février 2024 (45 jours maximum).

 

Autres demandeurs possibles d’une procédure de redressement judiciaire

 

La procédure peut également être déclenchée par d'autres acteurs lorsque le dirigeant n'assume pas ses responsabilités :

  • un créancier (fournisseur, banque, organismes sociaux) ;
  • le ministère public sur requête ;
  • le tribunal d'office dans certains cas. 

 

Quelles sont les sanctions en cas de retard ? 

 

Le dirigeant qui tarde volontairement à déposer sa demande s'expose à une interdiction de gérer pouvant aller jusqu'à 15 ans. Cette sanction personnelle vise à responsabiliser les chefs d'entreprise face à leurs obligations légales et peut avoir des conséquences durables sur leur carrière professionnelle.

 

Comment demander l'ouverture du redressement judiciaire ?

 

Quels sont les tribunaux compétents ?

 

La détermination du tribunal compétent obéit à des règles précises qui varient selon l'activité exercée. Pour les activités commerciales ou artisanales, la compétence revient au tribunal de commerce, tandis que les activités libérales relèvent du tribunal judiciaire.

 

Type d'activité

Tribunal compétent

Commerciale ou artisanale

Tribunal de commerce ou TAE

Libérale

Tribunal judiciaire ou TAE

Agricole

Tribunal judiciaire

Sociétés commerciales

Tribunal de commerce ou TAE

Sociétés civiles

Tribunal judiciaire ou TAE

 

Nouveauté 2025 : Depuis le 1er janvier 2025, 12 villes disposent de tribunaux des activités économiques (TAE) qui centralisent le traitement des procédures collectives : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles.

 

Focus sur le dossier de demande

 

La constitution du dossier nécessite de rassembler plusieurs documents essentiels. L'extrait K-bis ou l'attestation d'immatriculation au RNE permet d'identifier l'entreprise. La déclaration de cessation des paiements démontre la situation de difficulté rencontrée.

Côté documents financiers, vous devrez fournir l'état du passif exigible et la situation de trésorerie datant de moins d'un mois. Cette dernière offre une photographie récente de votre situation financière. Les comptes annuels du dernier exercice et l'inventaire des biens complètent ce panorama patrimonial. Enfin, la liste détaillée des créanciers avec les montants dus permet d'appréhender l'ampleur du passif.

On vous guide :
Nous recommandons de vous faire accompagner par nos juristes pour constituer ce dossier complexe et éviter tout rejet de votre demande.

 

Quels sont les effets du redressement judiciaire ?

 

Le jugement d'ouverture

 

Le jugement d'ouverture du redressement judiciaire produit des effets immédiats et profonds sur la situation de l'entreprise. Il institue un véritable gel du passif qui interrompt le cours normal des relations avec les créanciers.

L'arrêt du cours des intérêts de retard et majorations soulage immédiatement la trésorerie de l'entreprise. L'interdiction de payer les créances antérieures au jugement permet de préserver les liquidités disponibles pour la poursuite de l'activité. Parallèlement, la suspension des poursuites individuelles des créanciers protège l'entreprise contre les actions en recouvrement.

 

La désignation des intervenants

 

Le tribunal désigne les acteurs qui vont accompagner l'entreprise tout au long de la procédure. Le juge-commissaire veille au bon déroulement de la procédure et tranche les difficultés qui peuvent survenir. Le mandataire judiciaire représente collectivement les créanciers et vérifie leurs créances.

 

La période d'observation

 

Le jugement ouvre une période d'observation de 6 mois maximum, renouvelable deux fois pour une durée totale maximale de 18 mois. Cette phase cruciale permet d'établir un diagnostic complet de la situation de l'entreprise.

L'administrateur judiciaire travaille avec le dirigeant. Ensemble, ils analysent les causes des difficultés. Ils évaluent aussi les perspectives de redressement. Cette période permet également de poursuivre l'activité sous contrôle judiciaire tout en préparant l'avenir de l'entreprise.

 

La situation du dirigeant : qu’en est-il ? 

 

Le dirigeant demeure en fonction pendant la période d'observation, sauf décision contraire du tribunal. Sa rémunération est conservée mais peut être modifiée par le juge-commissaire selon l'évolution de la situation. Ses pouvoirs restent exercés mais peuvent être limités pour les actes de disposition les plus importants selon la mission confiée à l'administrateur.

 

Les classes de parties affectées

 

Pour les grandes entreprises dépassant 250 salariés et 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, ou 40 millions d'euros de chiffre d'affaires seul, la constitution de classes de créanciers (appelées "parties affectées") devient obligatoire. Ces classes remplacent les anciens comités de créanciers et permettent une consultation organisée des créanciers sur le projet de plan.

Après cette période d'observation, plusieurs issues sont possibles selon la situation de l'entreprise.

 

Quelles sont les issues du redressement judiciaire ?

 

À l'issue de la période d'observation, le tribunal dispose de plusieurs options selon la situation de l'entreprise et ses perspectives d'avenir. Ces décisions déterminent le sort définitif de l'entreprise et de ses salariés. 

 

Issue

Conditions

Durée

Conséquences

Plan de continuation

Perspectives sérieuses de redressement

10 ans maximum

Maintien du dirigeant, échelonnement des dettes

Cession totale

Impossibilité pour le dirigeant de redresser

Immédiate

Changement de propriétaire, maintien activité

Cession partielle

Viabilité d'une partie seulement

Immédiate

Cession d'une branche d'activité

Liquidation judiciaire

Redressement impossible

Immédiate

Fermeture, vente des actifs

 

Le plan de continuation

 

Lorsque l'entreprise présente des perspectives sérieuses de redressement, le tribunal adopte un plan de continuation pour une durée maximale de 10 ans. Ce plan organise la survie de l'entreprise en prévoyant les modalités de réorganisation nécessaires et l'échelonnement des dettes sur la durée du plan.

Les créanciers peuvent consentir des remises de dettes pour faciliter le redressement. Le plan peut également prévoir des mesures sociales, qu'il s'agisse du maintien des emplois ou de suppressions de postes si elles s'avèrent indispensables à la viabilité future.

 

Cession totale ou partielle

 

Si le dirigeant ne peut assurer personnellement le redressement, le tribunal peut organiser la transmission de l'entreprise. La cession totale transfère l'ensemble de l'activité à un repreneur qui s'engage sur un projet industriel et social. La cession partielle permet de sauvegarder les branches d'activité viables tout en abandonnant les secteurs déficitaires.

 

La liquidation judiciaire

 

Lorsque le redressement s'avère définitivement impossible, le tribunal prononce la liquidation judiciaire. Cette décision entraîne l'arrêt définitif de l'activité, la vente des actifs pour désintéresser les créanciers et le licenciement du personnel.

Exemple :
En pratique, environ 30 % des procédures de redressement judiciaire aboutissent à un plan de continuation, 40 % à une cession et 30 % à une liquidation judiciaire.

 

Procédure simplifiée : le traitement de sortie de crise

 

Les entreprises de moins de 20 salariés avec un passif inférieur à 3 millions d’euros peuvent bénéficier d'une procédure accélérée introduite en 2021. Cette nouveauté législative répond aux spécificités des petites entreprises qui représentent l'essentiel du tissu économique français.

La procédure se caractérise par une durée réduite de la période d'observation, des formalités simplifiées et des coûts allégés. L'accompagnement est renforcé pour tenir compte des moyens souvent limités de ces structures.

 

FAQ sur le redressement judiciaire


  • Vous devez déposer votre demande dans les 45 jours suivant la cessation des paiements. Ce délai court à compter du jour où vous constatez l'impossibilité de faire face à vos dettes échues avec votre trésorerie disponible. Un retard peut entraîner des sanctions personnelles allant jusqu'à l'interdiction de gérer.


  • Oui, vous restez en fonction pendant la période d'observation. Cependant, vos pouvoirs peuvent être limités selon la mission confiée à l'administrateur judiciaire (assistance, surveillance ou dessaisissement partiel). Votre rémunération est maintenue sauf décision contraire du juge-commissaire.


  • Les honoraires du mandataire judiciaire et de l'administrateur judiciaire sont à la charge de votre entreprise. Ils varient selon votre chiffre d'affaires et effectif, conformément à un arrêté ministériel. S'ajoutent les frais de greffe et éventuellement les honoraires d'avocat pour vous accompagner dans cette démarche complexe.

 

Glossaire pour bien comprendre le redressement judiciaire


  • Ensemble des biens et créances que l'entreprise peut facilement transformer en liquidités (trésorerie, comptes clients récupérables rapidement, stocks vendables).


    Exemple : Une entreprise dispose de 50 000 € en banque + 30 000 € de créances clients à 30 jours = 80 000 € d'actif disponible.


  • Situation où l'entreprise ne peut plus régler ses dettes échues avec sa trésorerie et ses biens facilement vendables.

    Exemple : Une entreprise doit 100 000 € de charges sociales au 31 décembre mais ne dispose que de 20 000 € de trésorerie et ne peut vendre rapidement ses équipements.


  • Magistrat désigné par le tribunal pour superviser le bon déroulement de la procédure et trancher les difficultés qui peuvent survenir.


  • Professionnel chargé de représenter collectivement tous les créanciers et de vérifier le montant de leurs créances.


  • Ensemble des dettes que l'entreprise doit payer immédiatement (charges sociales, impôts, fournisseurs dont les factures sont échues).

    Exemple : Factures fournisseurs échues depuis 60 jours + charges sociales du trimestre + TVA du mois = passif exigible.


  • Programme de redressement sur 10 ans maximum prévoyant comment l'entreprise va se réorganiser et rembourser ses dettes.


  • Phase de 6 à 18 mois pendant laquelle l'entreprise continue son activité sous surveillance judiciaire pour établir un diagnostic et préparer une solution.

Afficher plus de questions

 

Sources
  • Code de commerce, articles L631-1 à L631-22 : ouverture et déroulement du redressement judiciaire ;
  • Service-public.fr : redressement judiciaire d'une société ;
  • Greffe du tribunal des activités économiques de Paris : notice d'information procédure de redressement judiciaire.
Historique des modifications :
Mis à jour le 19 septembre 2025 : vérifications des informations juridiques et administratives.

 

 

Sofia El Allaki
Écrit par Sofia El Allaki

Diplômée d'un Master II en Droit des affaires de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Sofia a travaillé en cabinet d'avocats et en Maison d'édition juridique. Après avoir développé sa plume et ses compétences en édito, elle rejoint une agence de production de contenus parisienne en tant que Content manager senior, puis Account manager director. Aujourd'hui, elle est responsable contenu.

Relu par Pierre-Florian Dumez. Diplômé en droit

Une question ? Laissez votre commentaire

Vos coordonnées sont obligatoires afin que l’on puisse vous répondre

Les commentaires (1)

Masquer les commentaires
04 juillet 2024 à 11h12
Y
Y
Yawa Azilan Bleoussi

Quelle serait le sort des créances postérieure après ouverture d'une procédure de redressement judiciaire et à la fin de la procédure de liquidation p [...]

Voir plus
04 juillet 2024 à 13h50
Pierre-Florian Dumez
Pierre-Florian Dumez Pierre-Florian Dumez - Juriste de formation. Diplômé d’un Master II en droit économique

Bonjour, merci pour votre commentaire. Les créances postérieures au jugement d'ouverture font l'objet d'un traitement préférentiel et sont payées à éc [...]

Voir plus
Besoin de conseils juridiques ?
Je me fais accompagner

D'autres articles de cet avocat pourraient vous intéresser

Consultez les articles les plus lus par cet avocat