Quel statut choisir pour le conjoint au sein de l’entreprise ?

par
5
Découvrez l'accompagnement juridique

Sommaire

  1. Le conjoint associé
Découvrez l'accompagnement juridique

Au moment de la rédaction des statuts de votre entreprise pour sa création, vous devez y présenter les associés et le dirigeant. Lorsqu’il s’agit d’un projet réalisé avec votre conjoint, il est primordial de bien définir les rôles. Le choix d’un statut spécifique pour le conjoint est obligatoire depuis le 2 août 2005.

L’importance de bien choisir le statut du conjoint

Dans une société, il ne peut y avoir qu’un seul dirigeant. Dans le cas d’un projet personnel entamé par le couple, il convient de définir qui en est le porteur principal. C’est cette personne qui prendra la gérance de l’entreprise. Selon le statut matrimonial, les statuts possibles pour le conjoint ne sont pas les mêmes. Ne peut être conjoint associé ou collaborateur que les personnes mariées ou les partenaires d’un Pacte Civil de Solidarité (PACS). Pour un couple en concubinage, la seule option est celle du conjoint salarié.

Outre la situation de famille, ce choix de statut n’implique pas les mêmes responsabilités pour le conjoint. Les conséquences en cas de séparation, départ en retraite ou décès ne sont également pas les mêmes.

Le conjoint salarié

Le conjoint (mariage, PACS, concubinage) d’un dirigeant d’entreprise individuelle ou de SARL peut prendre le statut de conjoint salarié. Comme tout salarié, il dispose des droits à la formation professionnelle et à une protection sociale. Il ne dispose d’aucune responsabilité dans l’entreprise, outre les fonctions qui correspondent à son poste. Un lien de subordination doit exister entre le conjoint salarié et la société.

Les salaires du conjoint salarié sont déductibles, sous conditions, des bénéfices annuels imposables à l’entreprise.

Tableau des régimes fiscaux de lentreprise

Dans le cas d’une mésentente ou d’un divorce du couple, le conjoint du dirigeant a le droit au licenciement. Dans ce cadre, il bénéficie de la protection sociale de salariés (indemnité, etc.). Le licenciement du conjoint salarié en cas de séparation du couple est admis. En effet, la situation personnelle peut ici influencer la relation professionnelle et impliquer les conditions de survie de l’entreprise. Le décès du dirigeant n’affecte pas le contrat du conjoint salarié, dès lors que l’activité de l’entreprise se poursuit.

 

Le conjoint collaborateur

Ne peut être conjoint collaborateur que l’époux(se) ou le(a) partenaire pacsé(e). Ce statut concerne les entrepreneurs individuels, y compris les auto-entrepreneurs (micro-entrepreneurs), les gérants d’EURL, de SARL, et de SELARL de moins de 20 salariés.

Contrairement au conjoint salarié, le conjoint collaborateur dispose d’un mandat pour la gestion de l’entreprise et ne doit pas être rémunéré à ce titre. Les actes de gestion de l’entreprise concernent en outre la signature des devis, et des chèques de l’entreprise.

Le mandat prend fin à partir du moment où une des conditions pour disposer du statut du conjoint collaborateur n’est plus respectée, soit une séparation, un divorce ou une absence présumée de l’un des membres du couple.

Être conjoint collaborateur apporte tout de même des avantages. Cela permet d’accéder à la sécurité sociale, au régime de retraite basé sur une cotisation en fonction des revenus du chef d’entreprise.

S’il y a divorce, alors le statut de collaborateur montre le rôle du conjoint dans l’entreprise. Dans ce cas, il a la possibilité de demander des indemnités à hauteur des salaires qui correspondent à son travail réalisé. Les dettes du couple peuvent par ailleurs être reportées au dirigeant, car il conserve le patrimoine professionnel.

Lorsque le dirigeant de l’entreprise décède, ou qu’il part à la retraite, le conjoint collaborateur qui dispose d’au moins 3 ans d’activité au sein de la société peut décider de reprendre l’activité professionnelle. Mais dans le cas où il ne disposerait pas des qualifications exigées par la profession, alors il dispose de 3 ans pour les obtenir via un processus de validation des acquis de l’expérience (VAE).

étapes de création

Le conjoint associé

 

Le statut de conjoint associé concerne les entreprises de type SARL, SNC, SELARL, SAS, EURL et SASU. Les conditions pour disposer de ce statut sont : avoir une activité professionnelle régulière et effective au sein de l’entreprise et/ou détenir des parts sociales en effectuant un apport. Trois types d’apports sont concernés : numérique (apport d’une somme au capital), nature (machine), industriel (brevet technologique).

Le conjoint associé dispose des mêmes conditions sociales et de rémunération que n’importe quel dirigeant. Pour disposer d’un salaire, le conjoint associé doit ainsi étudier la possibilité de cumuler mandat social et contrat de travail.

Le statut de conjoint associé n’est pas anodin. En effet, une séparation des époux demande une cohabitation au sein de l’entreprise, malgré un divorce ou une séparation. Le départ d’un associé ne peut pas être forcé. Pour partir de la société, le conjoint associé doit choisir de renoncer à ses parts de son propre chef. Cependant, les statuts de l’entreprise peuvent dans certains cas contraindre le fait que tous les associés restent pendant une certaine période. Ce délai peut être réduit en cas d’accord des autres associés, en incluant le conjoint dirigeant. Les parts du conjoint associé doivent trouver repreneur. Dans le cas contraire, elles sont annulées, ce qui implique une réduction du capital social.

En revanche, si le dirigeant décède, alors le conjoint associé peut continuer l’activité au sein de la société. Seule une mention prévoyant la dissolution de l’entreprise en cas de décès d’un des associés peut poser un frein à cette démarche.

Maintenant que vous avez connaissance des avantages et inconvénients en terme d’organisation et de fiscalité, vous pouvez opter pour le statut le plus adapté à votre situation. N’oubliez pas que le meilleur choix se fait également en fonction de la nature de votre projet professionnel. L’entreprise est un projet commun depuis sa naissance et vous avez tous les deux apporté une contribution à sa création ? Le statut de conjoint associé semble être le plus adapté. Mais si votre conjoint est arrivé dans l’entreprise par la suite pour y apporter une contribution en y travaillant, être conjoint salarié lui convient sans doute mieux !

Maxime

Écrit par

Maxime

Après avoir travaillé en finance à l'international puis dans la grande distribution en France, Maxime est devenu dirigeant d'entreprise. En contact avec de nombreux entrepreneurs, sa mission est de simplifier l'accès au droit grâce au numérique et favoriser le développement de l'entrepreneuriat en France.

Tous les articles similaires

Consultez nos articles pour parfaire vos connaissances

Entreprise Individuelle et Société : quelles différences ?

En France, il existe deux manières différentes d’exercer son activité :

Amélie Gautier

Amélie Gautier

Dirigeant de SAS ou gérant de SARL : comment se rémunérer ?

Vous avez un projet de création d'entreprise et le moment de choisir la forme juridique de votre ...

Amélie Gautier

Amélie Gautier

EURL ou SARL : quelle différence entre ces deux formes juridiques ?

EURL et SARL font partie des statuts d’entreprise les plus courants. Leur gestion est relativement ...

Maxime

Maxime

Statut TNS : quel régime social pour le dirigeant d’entreprise ?

Statut TNS ou assimilé-salarié : ce choix de l’entrepreneur porte sur le régime social auquel il ...

Philippe

Philippe

EIRL ou auto-entrepreneur : quel statut choisir ?

L’entreprise individuelle est un statut qui recouvre plusieurs régimes, à savoir, les entreprises ...

Philippe

Philippe

Statut juridique : définition, particularités, ce qu'il faut savoir

Dans le cadre d'un projet de création d'entreprise, le choix du statut juridique pour votre future ...

Amélie Gautier

Amélie Gautier

Tout savoir sur le statut d’intermittent du spectacle

Le statut d’intermittent du spectacle, terme adopté par la pratique, n’est pourtant pas juste : il ...

Maxime

Maxime

SARL de famille ou SCI : comment faire son choix ?

Choisir la forme juridique la plus adaptée à votre projet entrepreneurial est une étape ...

Sabrina Ait El Hadi

Sabrina Ait El Hadi

Le statut d'apporteur d'affaires : comment choisir ?

Au cœur des relations commerciales, l’apporteur d’affaires joue le rôle d’intermédiaire dans un ...

Maxime

Maxime

Commentaires

Laisser un commentaire

Vous avez démarré un dossier de chez nous… Vous pouvez le reprendre dès maintenant !

Reprendre votre dossier