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    CONSULTATION AVOCAT EN 24H > ENTREPRISES DIFFICULTES > Manque de trésorerie, que faire ? 

    Que faire face à un manque de trésorerie ?

    Gestion d'entreprise
    Captain Contrat
    LE
    4min

    Votre entreprise manque de trésorerie. Les premiers signaux de difficultés financières apparaissent. Qu’est-ce que la trésorerie ? Quelles sont les causes du manque de trésorerie ? Comment les anticiper ? Quels sont les moyens de financement pour l’entreprise en difficulté ? Quelles sont les mesures préventives et les procédures collectives ?

    Au sommaire de cet article :

    1. Le manque de trésorerie
    2. Les moyens de financement pour l’entreprise en difficulté
    3. Les mesures préventives et les procédures collectives

    Le manque de trésorerie

    Votre entreprise souffre de manque de trésorerie. La trésorerie représente les liquidités, l’argent, qu’une entreprise possède sur ses comptes bancaires. Tout dirigeant d’entreprise doit surveiller de près sa trésorerie. En effet, le manque de trésorerie peut entraîner de graves difficultés. Vous devez donc réagir lorsque vous êtes confronté à un tel problème. Ne laissez pas la situation s’aggraver.

    Il existe plusieurs causes internes à un manque de trésorerie :

    • un manque de chiffre d’affaires ;
    • une trop faible marge commerciale ou une trop faible rentabilité ;
    • un fond de roulement trop faible ;
    • une mauvaise gestion des stocks : stocks trop élevés ou trop faibles ;
    • des délais de paiement trop importants, ou trop d’impayés ;
    • trop de charges financières ou de remboursement d’emprunts ;
    • une croissance de l’entreprise trop rapide.

    Mais vous pouvez également rencontrer des causes externes à la gestion de votre entreprise qui entraînent des problèmes de trésorerie. La crise de la covid-19 en est l’exemple. Cette crise sanitaire a en effet fortement impacté l’activité des entreprises, TPE, PME. Le mouvement des gilets jaunes avant la pandémie avait aussi fragilisé beaucoup d’entreprises.

    Comment anticiper et faire face à ces problèmes de trésorerie ?

    Vous devez anticiper au maximum pour ne pas arriver à de telles difficultés. Tout d’abord il faut essayer d’augmenter votre chiffre d’affaires. Pour cela vous devez prospecter sans cesse afin de trouver de nouveaux clients. Vous pouvez dans certains cas augmenter vos prix, mais il faut rester raisonnable. Vous pouvez tester de nouveaux canaux de distribution.

    À noter : les réseaux sociaux peuvent être aussi de bons canaux de distribution. Ne les négligez pas !

    Vous pouvez également retravailler votre stratégie de communication, revoir vos cibles, votre position face à la concurrence.

    Travaillez aussi sur l’optimisation de vos stocks. Il faut savoir parfois réduire ses stocks afin de limiter les stocks dormants.

    Vous pouvez revoir les délais de paiement accordés à vos clients en les réduisant. À l’inverse, essayez de négocier des délais plus longs auprès de vos fournisseurs.

    Les moyens de financement pour l’entreprise en difficulté

    Pour faire face à un problème de trésorerie vous pouvez vous tourner vers des solutions de financement.

    Le prêt bancaire

    Vous pouvez demander à votre banque de vous accorder un prêt bancaire. La négociation de ce crédit vous permettra de disposer d’une facilité de trésorerie rapidement. Si la banque accepte, elle va retenir des intérêts sur ce prêt. Prenez ces intérêts en compte dans le calcul de vos remboursements du crédit.

    L’autorisation de découvert

    Vous pouvez négocier auprès de votre banque une autorisation de découvert avec un délai plus long. Là aussi vous aurez des intérêts à régler.

    Vous pouvez également demander un étalement de vos charges sociales auprès de l’URSSAF.

    L’affacturage

    L’affacturage est une solution de financement permettant aux entreprises de bénéficier d’un paiement anticipé de leurs créances avant la date de l’échéance. Vos créances sont transférées à votre banque. Celle-ci gère les relances et les recouvrements de ces créances. Mais, en contrepartie, la banque applique une commission sur chaque facture.

    La cession de créances

    Vous pouvez céder des créances à votre banque. Celle-ci va les racheter en appliquant aussi une commission sur la somme.

    L’escompte

    Vous cédez à votre banque un effet de commerce. Celle-ci vous avance son montant avec des taux d’intérêts et des commissions. En outre, pour se prémunir d’éventuels impayés la banque peut vous demander des garanties.

    Vous avez également d’autres moyens d’obtenir de la trésorerie à court terme comme la cession-bail ou la titrisation.

    Avec la cession-bail vous pouvez céder la propriété d’un bien à un tiers en échange d’un loyer. La titrisation, elle, vous permet d’augmenter vos liquidités en vendant vos créances à des investisseurs sur les marchés.

    Pour vous aider à tenir vos comptes, vous pouvez utiliser un logiciel de gestion de trésorerie. Il existe en effet des logiciels vous permettant de déterminer des prévisions de trésorerie. Ces logiciels permettent d’automatiser et d’anticiper le développement de votre trésorerie. Ils sont nombreux, tels que Sage, Agicap, Quickbooks, ou autres.

    Les aides de l’État pendant la période de confinement due à la covid-19

    Parmi les mesures prises par l’État pendant la période de confinement, le fonds de solidarité permet d’aider les commerçants, les artisans, les professions libérales et autres agents économiques, quel que soit leur statut (société, entrepreneur individuel, association...) et leur régime fiscal et social (y compris micro-entrepreneurs), ayant au plus 50 salariés.

    Ainsi, toutes les entreprises de moins de 50 salariés peuvent y prétendre sous certaines conditions :

    • dès que leur perte de chiffre d'affaires atteint 50%, elles peuvent bénéficier d'une aide mensuelle de 1 500 euros ;
    • si elles sont fermées administrativement (notamment les commerces ne rentrant pas dans les catégories des commerces essentiels autorisés à rester ouverts) ou si elles appartiennent aux secteurs S1 et S1 bis (culture, tourisme, sport, événementiel), elles bénéficient dune aide mensuelle de 10 000 euros.

    En outre, les entreprises les plus touchées par la crise peuvent bénéficier d’une exonération des cotisations sociales.

    Les entreprises peuvent demander à leur banque des prêts garantis par l’État. Le remboursement du prêt peut être reporté d’un an supplémentaire pour les entreprises qui en ont besoin.

    Enfin, une aide financière exceptionnelle (AFE covid) peut être accordée à certains commerçants, artisans, auto-entrepreneurs et professionnels libéraux dont l’activité est à l’arrêt depuis le 2 novembre 2020.

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    Les mesures préventives et les procédures collectives

    Les mesures préventives

    Si vos difficultés persistent mais que vous n’êtes pas en cessation des paiements vous pouvez mettre en place deux procédures préventives à l’amiable.

    Le mandat ad hoc

    Un dirigeant en difficulté peut demander l’ouverture d’une procédure de mandat ad hoc auprès du tribunal compétent : le tribunal de commerce pour les sociétés ou les personnes exerçant une activité commerciale ou artisanale ou le tribunal judiciaire pour les sociétés civiles, associations, professions libérales et agriculteurs.

    La procédure est confidentielle. 

    Le tribunal doit désigner un mandataire a hoc ou bien vous pouvez également choisir une personne pour être mandataire ad hoc. Cette personne doit être extérieure à l’entreprise.

    La mission du mandataire dure 3 mois et elle peut être renouvelée plusieurs fois. Le mandataire n’a pas de pouvoir de gestion de votre entreprise. Vous continuez à la gérer. Le mandataire doit vous aider à trouver des accords afin d’éviter d’être en cessation des paiements. Il vous aide à établir un échéancier de paiements de vos dettes.

    L’objectif de la procédure est donc de trouver une négociation confidentielle, à l’amiable des dettes.

    La conciliation

    La conciliation peut être mise en place quand les difficultés financières, juridiques, économiques sont avérées ou prévisibles. Vous devez déposer une demande écrite auprès du tribunal compétent. Votre demande doit décrire la situation financière, patrimoniale, économique et sociale de votre société et vos besoins de financement ou les moyens à mettre en place pour parvenir à faire face aux difficultés.

    La procédure est confidentielle. Votre entreprise ne doit pas être en état de cessation des paiements depuis plus de 45 jours. La conciliation dure 4 mois, renouvelable une fois pour une durée d’un mois maximum.

    Un conciliateur sera désigné par le président du tribunal. Son rôle est de vous assister et de vous accompagner, mais vous restez seul gérant de votre entreprise. Le conciliateur intervient souvent après que des négociations aient déjà été entreprises avec vos créanciers. L’objectif est d’aboutir à un accord amiable avec vos créanciers. L’accord sera ensuite soit constaté, soit homologué par le président du tribunal.

    Les procédures collectives

    Si, malgré la mise en place de mesures préventives, vos difficultés persistent, l’ouverture d’une procédure collective doit être mise en place. Cela aura pour effet d’interdire le paiement de dettes nées avant, de suspendre les poursuites des créanciers et d’arrêter le cours des intérêts de sommes impayées.

    La procédure de sauvegarde

    La procédure de sauvegarde est possible si l’état de cessation des paiements n’est pas encore déclaré.

    L’objectif est de sauvegarder et de réorganiser l’entreprise en maintenant l’activité et les emplois et en remboursant les dettes.

    Le redressement judiciaire

    La procédure de redressement judiciaire est ouverte lorsque l’entreprise est en état de cessation des paiements depuis moins de 45 jours. La procédure débute par une période d’observation de 18 mois maximum. L’objectif est de sauvegarder l’activité de l’entreprise et de maintenir les emplois.

    À la fin de la période d’observation :

    • soit un plan de redressement est mis en œuvre ;
    • soit l’activité de l’entreprise est cédée en totalité ou partiellement ;
    • soit le juge prononce la liquidation judiciaire de l’entreprise.

    La liquidation judiciaire

    Cette procédure de liquidation judiciaire s’applique lorsqu’il est jugé que l’entreprise ne peut pas se redresser et qu’elle est en état de cessation des paiements depuis plus de 45 jours. La finalité de la procédure est de rembourser les créanciers et de mettre fin à l’activité de la société.

    Le rétablissement professionnel

    Cette procédure de rétablissement professionnel est dédiée aux entrepreneurs individuels exerçant leur activité en leur nom propre, qui possède un actif dont la valeur est inférieure à 5 000 € et qui ne doit pas avoir employé de salariés au cours des 6 derniers mois. L’entrepreneur doit être en état de cessation des paiements.

    Elle permet à l’entrepreneur en difficulté d’échapper à la liquidation judiciaire en remboursant toutes ses dettes personnelles et professionnelles.

    Captain Contrat vous a détaillé les mesures à prendre lorsque votre entreprise connaît des difficultés. On vous recommande de vous faire accompagner par un avocat spécialisé en la matière pour vous aider.

    Votre entreprise est en difficulté ? Je me fais accompagner

     

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      Amélie Gautier
      A propos de Amélie Gautier

      Diplômée d'un Master en droit des affaires et passionnée par le monde de l'entreprise, Amélie s'efforce de rendre accessible les informations juridiques nécessaires aux entrepreneurs tout au long de leurs projets.

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