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Création de startup, comment financer son projet ?

Création d'entreprise
Captain Contrat
LE
4min

La création d’une start-up passe souvent par l’étape de la recherche de financement.

les astuces pour financer la création de votre startup

Certes, une société saine doit en principe être financée par les revenus qu’elle tire de ses ventes et de ses clients. Mais au démarrage de son activité et dans certains domaines, il se peut que la jeune entreprise ait besoin d’un coup de pousse, que ce soit pour financer de la recherche et le recrutement de personnels très qualifiés, pour construire une usine ou ligne de production ou même pour acquérir des clients lui permettant d’être rapidement à un rythme de fonctionnement qui lui permet d’être rentable.

Outre la classique levée de fonds, qui est parfois un paravent pour s’empêcher de voir la réalité ou d’affronter les clients, quels sont les moyens de financer une start-up et quelles sont les astuces à connaître ?

Il faut d’abord prendre en compte qu’il y a différents moyens et acteurs susceptibles de financer une société au démarrage.

Avant toute chose, et pour s’adresser aux bons écosystèmes, le startupper devra définir clairement ce qu’il veut financer et la manière dont il veut le financer.

Doit-il financer un besoin en fonds de roulement, un gros investissement ou du « consommable » qui à terme devra être financé par le bénéfice de l’activité une fois que celle-ci aura été lancée ?

Fonds propres ou prêts ?

Dans une société, les fonds propres (ou capitaux propres) correspondent à l’argent qui donne une valeur aux actions ou aux parts sociales de la société.

Les prêts eux, qu’ils soient à court, moyen ou long terme ne donnent pas droit à une propriété partielle de l’entreprise.

Quand on cherche un financement, il va donc aussi falloir établir dès le départ clairement si on cherche plutôt un prêt ou des fonds propres. Les choses ne sont pas si simple car parfois, c’est celui qui a l’argent qui décide. De plus, sans fonds propres importants, on peut se voir refuser des prêts.

Financement des capitaux propres

Outre l’argent apporté par le ou les créateur(s) (qui peuvent aussi être des emprunts faits à titre personnel), les capitaux propres peuvent être abondés par des dons (ce qui inclut certaines aides de l’état) ou des subventions (notamment toutes les subventions qu’on trouve dans les conseils régionaux).

Beaucoup de subventions et d’aides sont disponibles via des concours ou des dispositifs de financements typiques de chaque secteur : renseignez-vous !

Citons pêle-mêle les aides de la BPI, le concours national d’aide à la création, etc..

A noter que les comptes-courants d’associés, même si ils ne sont pas des fonds propres au sens juridique du terme, sont quasiment considérés comme tels.

Le cas spécifique des investisseurs

Bien entendu, pour augmenter les capitaux d’une start-up, on peut aussi faire appel à des investisseurs financiers en leur donnant des parts de la société, en échange de financement.

Dans ce cas, il y a une bataille à mener pour savoir et déterminer exactement ce que l’on donne, en échange de quel pouvoir et parts de la société et selon quelle valeur pour l’entreprise. De cette première opération et de la valeur définie de l’entreprise, dépendront en partie son avenir.

Selon le secteur de la start-up mais aussi la mentalité de ses fondateurs, les investisseurs n’auront pas tous le même attrait.

Doit-on choisir un investisseur impliqué dans le business (hands in), un investisseur qui surveille (hands on) ou un investisseur qui reste loin de la gestion et des décisions (hands off).

Doit-on choisir un investisseur financier ou industriel ou une personne ayant « simplement » des moyens financier, et si possible de l’entregent ?

Si l’on veut convaincre un investisseur, le mieux est de passer par un intermédiaire ou leveur de fonds. Chacun a ses spécialités et permet de garantir le sérieux et l’implication du futur investisseur tout en optimisant la présentation du projet.

Il y aura aussi une grosse partie juridique où un avocat spécialisé dans ce domaine est conseillé notamment si le projet est à fort potentiel, afin de conserver le contrôle du capital, tout en maximisant le montant d’argent levé.

On peut imaginer alors effectuer des levées de fonds successives, assorties de primes d’émission (qui seront de plus en plus élevées) mais aussi parallèlement ou pas, obtenir l’argent en échange d’actions mais aussi d’obligations convertibles en actions, de bons de souscription d’action et même de comptes courants d’associés.

Attention aux calculs de valorisation « pre money » et « post money ».

Quoi qu’il en soit, la question de savoir si l’on veut être à tout prix majoritaire ou si on accepte d’être minoritaire risque de se poser. La réponse n’est pas évidente quand le succès de l’affaire dépend vraiment des capitaux.

L’époque actuelle fait aussi la part belle, du moins en théorie, au crowdfunding. Ce système de financement n’apporte pas d’énormes fonds mais il peut permettre d’amorcer la pompe et d’avoir accès à d’autres financements.

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Les prêts

Les prêts font beaucoup moins parler d’eux dans les magazines et sur les sites relatifs aux start-ups. Pourtant, l’immense majorité du financement des entreprises se fait par des prêts.

Les créateurs d’entreprises, peuvent obtenir des prêts à long ou moyen terme, pour financer leurs immobilisations et ils ont aussi des possibilités de prêts spécifiques.

Les banques prêtent rarement seules à une start-up (sauf si celle-ci a des fonds propres ou des parrains ou des compte-courants qui garantissent le remboursement des prêts).

Les banques acceptent de prêter en partageant le risque avec des organismes comme la BPI ou des fonds de garantie ou des cautions spécialisées.

Le Crédit Impôt Recherche, le Crédit Innovation, le statut de Jeune Entreprise Innovante sont aussi des éléments qui permettent d’obtenir plus facilement des prêts bancaires.

Par ailleurs, divers organismes étatiques proposent aussi des prêts à travers le financement de l’innovation ou les prêts pour l’exportation.

Et le crédit bail ?

Peu connu des start-ups, le crédit-bail est aussi un bon moyen de se financer au départ.

Des immobilisations peuvent être financées entièrement par crédit-bail et ce dernier n’est pas à l’actif du bilan puisqu’il est un contrat de location avec option d’achat en fin de contrat.

Un crédit-bail n’est pas une dette à long terme et donc, il ne pénalise pas le ratio «fonds propres »/endettement.

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Et le livret d’épargne entreprise ?

Peu connu également, le livre d’épargne entreprise (LEE) est un bon moyen d’obtenir un prêt intéressant.

Toute personne peut ouvrir un LEE (un seul livret par foyer fiscal) qui peut financer la création (ou la reprise) d'entreprise pour l'acquisition :

  • d’ immobilisations incorporelles et corporelles des entreprises créées ou reprises depuis moins de 5 ans,
  • d’ investissements amortissables des entreprises artisanales immatriculées au répertoire des métiers lorsque la rémunération du travail de l'artisan et des personnes qu'il emploie représente plus de 35 % du chiffre d'affaires global annuel de l'entreprise.

Le versement initial sur un LEE est au minimum de 750 €, avec un versement annuel minimum de 540 €. Le dépôt maximum est de 48 000 € hors intérêts. La durée de l'épargne est entre 2 et 5 ans.

Le taux du LEE est égal aux 3/4 du taux du livret A arrondi au 1/4 point inférieur, soit 0,75 % depuis le 1er août 2013. Les fonds sont disponibles au bout de 2 ans.

La durée du prêt peut être comprise entre 2 et 15 ans. Son montant et sa durée sont fixés pour que le total des intérêts à payer par l'emprunteur soit égal au total des intérêts acquis pendant la phase d'épargne multiplié par un coefficient de 1,6.

Les garanties exigées (caution, hypothèque, nantissements, etc.) varient selon les banques qui ne le proposent pas toutes.

Comment négocier ?

Quel que soit le type d’investissement dont on a l’idée, il va falloir tôt ou tard présenter un dossier et négocier pour monter sa start-up. Comment faire ?

  1. Il faut avoir un plan de bataille précis, quel que soit le type d’investissement recherché. Outre les classiques business plans, tableaux de trésorerie et autres, il faut montrer un avenir clair de l’entreprise, en détaillant les écueils et les difficultés et l’évolution de l’entreprise
  2. Demander de l’argent doit se faire au bon moment. Que ce soit avec des investisseurs, des banquiers ou des organismes, il faut connaître à l’avance les critères spécifiques de chacun, l’historique des aides ou investissements qu’ils ont accordés, les domaines dans lesquels ils agissent de préférence et les stades de développement d’entreprises où ils interviennent.
  3. A chaque fois que vous trouvez des fonds propres, relancez une recherche d’aides publiques : les 2 types de financements sont complémentaires et se nourrissent véritablement l’un de l’autre
  4. Choisissez avec soin votre banquier ! Avoir le même banquier pour votre entreprise et à titre personnel peut sembler intéressant mais c’est souvent un problème car le banquier sait alors tout de vous, et notamment de vos ressources personnelles.De plus, les banques ont des spécialités, des métriques et des méthodes différentes. Des banques mutualistes comme le Crédit Mutuel ne financent pas les même projets que la Société Générale qui ne finance pas les entreprises de même taille que d’autres banques qui n’interviennent pas de la même façon en région que le Crédit Agricole, dont les caisses régionales ont des politiques différentes, etc, etc.. Là encore : renseignez-vous !
  5. Ayez le bon interlocuteur au sein de votre banque ! En général, les directeurs d’agences se succèdent avec des profils différents. A un développeur va succéder un contrôleur et vice-versa. Préférez un interlocuteur qui est plus sensible au développement qu’à la maîtrise du risque.Attention aux recommandations et à l’esbroufe ! S’il peut être intéressant de se faire recommander dans une banque, vérifiez quand même qui vous recommande. Dans les rapports humains avec un banquier, évitez de surjouer ou de mentir. Tôt ou tard, il s’en apercevra et se méfiera.
  6. Dans tous les cas de financement, demandez et calculez toujours les frais annexes (frais de dossier, frais d’avocats, taux d’intérêt, etc..). Tous ces frais annexes grèvent d’un pourcentage non négligeable l’argent emprunté ou reçu en fonds propres.
  7. Dans tous les cas de figure, demandez à chaque étape des documents écrits qui valident les engagements de chacun. Beaucoup d’entreprises sont mortes-nées d’avoir attendu de l’argent qui n’est jamais venu, alors qu’il y avait une promesse orale.
  8. Ne changez pas votre vision d’entrepreneur pour entrer dans la bonne case qui donne droit à un financement.
  9. Ne vous consacrez pas trop à la recherche de financement. L’objet principal d’une société, sauf si c’est son métier, n’est pas de chercher des financements mais de vendre des produits ou services à des clients. Ne confondez pas vos investisseurs ou prêteurs potentiels avec vos clients car dans tous les cas de figures, ce sont ces derniers qui feront vivre votre entreprise à long terme, vous permettront de la développer, et de rembourser les prêts.
  10. Enfin, et c’est peut-être le point le plus important qui est souvent oublié : surveillez les dépenses ! Comme on dit dans le milieu de la grande distribution, la première marge se fait à l’achat.Locaux, ordinateurs, tables, chaises peuvent représenter de gros budgets ou être quasiment gratuits pour peu qu’on sache s’y prendre. De la même façon, certaines choses comme un site internet, un logo, des listes de prospects, des relations presse sont souvent facturer une dizaine de fois le prix qu’elles coûtent en réalité, pour peu qu’on cherche un peu. Soyez radins ! Cela vous évitera d’avoir à chercher de l’argent.

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    A propos de Benjamin

    Passionné d'entrepreneuriat, Benjamin maîtrise tous les mécanismes liés à la création et au développement d'entreprise. Persuadé que la complexité juridique est un frein à l'entrepreneuriat en France, il accompagne les entrepreneurs dans leurs prises de décisions.

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