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Vers une prise de conscience de l'intérêt collectif et du bien être

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LE
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Plus qu’un moyen servant à subvenir à ses besoins, le défi du travail de nos jours est de constituer un véritable vecteur d’épanouissement de soi.

Comme l'on passe plus de temps au travail (notamment via le fil à la patte que sont les nouveaux moyens de communication), il est important de bien s’y sentir.

Le développement personnel devient primordial chez les employés d'aujourd'hui.  Mais l'intérêt de l'entreprise n'est pas en reste. Une personne heureuse au travail est plus productive, imaginative, positive et au final, créatrice de valeur ajoutée, ce qui est le nerf de la guerre à notre époque où la « besogne » ne suffit plus.

Que ce soit dans les startups, les PME, ou les grandes multinationales, de nombreuses entreprises n’hésitent plus à prendre de nouvelles mesures en faveur du bien-être de leurs collaborateurs (même si beaucoup d’employeurs continuent à se désintéresser du sujet, notamment quand ils sont dans un secteur où le recrutement et la fidélisation des employés ne sont pas un problème).

Des chiffres surprenants

Lors d’un sondage réalisé en 2017 par l’institut Viavoice – pour le groupe de protection sociale Klesia – 77 % des personnes interrogées avaient estimé que l’intérêt général « humain » n’était pas suffisamment pris en compte dans leur société. Une enquête dont les résultats ont encore été corroborés par ceux d’une étude plus récente – The Workforce View in Europe 2018 – réalisée par l’éditeur ADP. 

En effet, au cours de cette étude qui a porté sur environ 10 000 personnes – interrogées dans plusieurs pays européen dont la France – 34 % des salariés ont estimé que leur bien-être professionnel et leur santé psychique ne sont que faiblement pris en compte par leurs entreprises. 14 % estiment même que cela n’intéresse pas du tout leurs employeurs. Pire encore, 18 % des personnes interrogées déclarent qu’elles souffrent de stress au quotidien dans leurs entreprises.
Il s’agit là d’une révélation pour le moins inquiétante, car le stress est la première étape du burnout, qui arrive de plus en plus souvent chez les employés de tous niveaux.
Un stress persistant chez le salarié et ce dernier finira par baisser en productivité et à déserter son lieu de travail.

C’est d’ailleurs ce qui ressort de l’étude, puisque 37 % de ceux qui déclarent souffrir de stress – femmes et jeunes actifs de 16 à 34 ans – envisagent de changer de poste.
Cette situation n'est pas à l’avantage de l’entreprise et de ses intérêts économiques. Et c’est conscients de ce fait, que de nombreux patrons s’emploient à éviter ces écueils en adoptant des mesures en faveur du bien-être.

Mesures en faveur du bien-être en entreprise

Ces mesures sont destinées à assurer aux salariés une bonne ambiance sur leur lieu de travail. Elles vont permettre de lutter contre le stress, le burnout, les accidents de travail et l’absentéisme souvent causé par le mal-être.
Dans certaines entreprises, les dirigeants vont engager des travaux de rénovation, mettre en place des salles de sport, instaurer plus de souplesse dans les horaires ou des réformes comme la charte de l’égalité des hommes et des femmes ou les possibilités de télétravail....
Parfois, on assiste même à la mise en place de programme de mentorat et le recrutement d’un « Chief Happiness Officer ».

Vers une prise de conscience de l'intérêt collectif en entreprise

Le mentorat en entreprise

Le mentorat est une relation interprofessionnelle de soutien, d’échanges et d’apprentissage dans laquelle le mentor, qui est une personne expérimentée, met son expertise et sa sagesse acquise au service du mentoré qui a besoin d’acquérir des connaissances et compétences en vue d’atteindre ses objectifs professionnels.

Dans cette configuration, le mentoré a un suivi individuel et se sent pris en considération par l’entreprise, avec un parcours adapté à ses capacités, besoins et souhaits.

Cette mesure a une efficacité qui a été prouvée. Selon le livre « The War for Talent » co-écrit par Helen Handfield-Jones, Beth Axelrod et Ed Michaeles, et publié en 2001 ; 95 % des travailleurs ayant participé à un programme de mentorat déclarent que l’expérience leur a permis d’atteindre un plus haut niveau de performance. C’est pour cela d’ailleurs que de nombreuses entreprises choisissent développer le mentorat. Parmi les 25 entreprises les mieux classées par le magazine Fortune, 76 % proposent ce programme.

Le Chief Happiness Officer

Le Chief Happiness Officer est un concept né dans les années 2000 aux États-Unis. Le terme désigne un spécialiste dont le rôle est de travailler sur tous les aspects de la vie en entreprise afin de la rendre agréable aux employés.

Aussi connu sous l’appellation de « Feel Good Manager » ou de « responsable de l’expérience salarié », ce spécialiste poursuit essentiellement trois objectifs : fidéliser les collaborateurs, séduire les talents et améliorer la productivité.

A la différence des rôles classiques RH, le CHO agit plus en électron libre, sans vraiment de missions précises. Il doit bien connaître la culture interne de l’entreprise et apparaître aux côtés des employés pour pouvoir efficacement « mettre de l’huile » dans les rouages afin que les salariés soient heureux et donc, c’est l’axiome de base de cette idée, plus productifs.

Concrètement, il va parfois organiser des activités communes, faire venir des profs de sport, organiser une salle de jeux ou de sieste, bref, faire en sorte que chacun des employés se sente bien dans l’entreprise.
Pour réussir, le CHO intègre souvent le comité de direction des entreprises, et assiste ses membres dans la prise des décisions relatives à la motivation des travailleurs. Le métier connaît en ce moment une véritable émergence en Europe. On compte actuellement environ 200 CHO en France. Les entreprises font de plus en plus confiance à leurs services et des formations de CHO voient le jour.

Pour finir, notons que du côté du gouvernement, un projet de loi est également en cours d’élaboration pour faciliter le développement des TPE et PME et changer les mentalités sur l’entreprise.

Il s’agit de la loi Pacte, « plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises ». Le projet est conduit par le ministre de l’économie, Bruno le Maire et doit être présenté le 2 mai prochain en conseil des ministres. Ainsi, l'intérêt collectif deviendrait le graal des entreprises. 
Même si les détails concrets n’en sont pas connus, on sait que l’idée générale est de changer l’opinion classique des français sur l’entreprise afin qu’elle ne soit plus vue comme un terrain de lutte sociale ou de différenciation entre riches et pauvres mais comme un bien commun utile à l’épanouissement de tout le monde. Serait alors aussi défini « officiellement » que le but de l’entreprise n’est pas uniquement de faire du profit comme le rapport Notat-Senard en ouvrait la possibilité avec « l’objet social de l’entreprise ».

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    Yann Ricard
    A propos de Yann Ricard

    Diplômé d'un Master 2 en Droit des Affaires et Fiscalité, Yann est en voie de devenir avocat. Eternel amoureux des legaltech, il a décidé de rejoindre l'aventure Captain. Son secret ? Il purge sa bonne conduite en dépassant les limites de vitesse en moto et en troublant le voisinage comme il le peut avec sa guitare.

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