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Les startups françaises en vogue chez les investisseurs étrangers

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La participation des fonds de capital-risque étrangers a augmenté de 62% en 2017 selon le dernier baromètre réalisé par Chausson Finance, avec la participation à 52 levées de fonds, contre seulement 10 en 2010.

Startups françaises : regain économique

Le baromètre annuel Performance économique et sociale des startups numériques en France, établi par EY et France Digital, montre un véritable regain économique des startups en France, avec dès 2016 une augmentation du chiffre d'affaires global de ce marché de 33%, soit 5,3 milliards d'euros en 2016.

En parallèle, l'intérêt des investisseurs étrangers pour les startups françaises ne cesse de croître. On décompte 20 levées de fonds de plus de 10 millions d'euros en 2017, contre 13 en 2016. En effet, si les fonds étrangers investissent plus, les risques pris sont également plus importants : la croissance la plus marquée se situe au niveau des petites levées de fonds, alors que les investissements visaient auparavant des entreprises ayant déjà fait leurs preuves, comme Blablacar par exemple.

Ainsi, la part des investissements très importants ne représente plus que 20% en 2017, alors qu'elle représentait 40% en 2016. L'augmentation de cette prise de risque s'explique premièrement par une meilleure connaissance de l'écosystème français des startups.

Ainsi, en 2017, 41 des 52 opérations ont été réalisées sans intermédiaire, contre 22 seulement en 2016. Les fonds de capital-risque étrangers ne s'y trompent pas, et perfectionnent leur stratégie en ciblant directement certains secteurs, comme le transport, l'intelligence artificielle et les fintech/assurtech. Heetch ou encore Less, ont ainsi levé respectivement 16,5 et 16 millions d'euros l'année dernière.

Les investisseurs étrangers vont même jusqu'à s'installer des bureaux directement en France, afin d'être au plus près des innovations. C'est notamment le cas de Global Founders Capital, fonds allemand, mais également le fonds suédois EQT Partners ou encore le fonds américain White Star Capital. Les fonds étrangers embauchent également des français afin de bien cerner les évolutions de l'écosystème français. Cette stratégie vise aussi à faciliter la rencontre avec les dirigeantes et dirigeants de startups, en permettant des contacts jusque-là difficiles entre représentants de fonds et startuppers.

Si on constate le développement d'une stratégie d'investissement des fonds étrangers, on peut se demander la raison de cet attrait.

Les startups en vogue chez les investisseurs étrangers

Les explications d'un tel engouement

Cet intérêt des investisseurs étrangers pour les startups françaises s'explique par la compétence reconnue des ingénieurs français, et spécialement par leur créativité. La qualité de l'information financière joue également un rôle important dans les décisions d'investissement. De plus, les entrepreneurs français bénéficient d'un a priori très positif auprès des investisseurs étrangers. Enfin, les investisseurs anglo-saxons sont les plus friands des startups françaises : celles-ci seraient sous-évaluées, leur valeur étant estimée en moyenne à la moitié de leurs équivalentes anglo-saxonnes.

Les startups françaises profitent également de cet attrait des fonds des investisseurs étrangers pour aller chercher la croissance à l'étranger. En 2017, pour la première fois, les startups françaises ont réalisé plus de 50% de leur chiffre d'affaires à l'étranger, dont 23% en Europe et 31% hors Europe. La croissance du chiffre d'affaires est également deux fois plus dynamique à l'étranger qu'en France. C'est cette volonté de se développer au-delà des frontières nationales qui attire également les investisseurs : à l'instar de leurs homologues américains, les entrepreneurs français ont désormais intégré les grandes potentialités de l'internationalisation.

Points négatifs contrebalancés

Certains points freinent encore les investisseurs étrangers vis-à-vis de nos startups françaises.

Le niveau d'anglais des entrepreneurs est le premier point critiqué par les investisseurs. Si les nouvelles générations font mieux que leurs ainées grâce notamment au programme Erasmus, les Français sont décriés pour leur niveau d'anglais. Ce défaut vient nuire également à leur capacité à promouvoir leur entreprise. Les investisseurs recherchent des entrepreneurs capables de vendre leur projet : la capacité à réaliser un pitch convaincant est considéré comme un bon indicateur de la possibilité d'exporter le projet.

Toutefois, ces éléments négatifs - qui vont en s'atténuant - ne ralentissent que très légèrement les investisseurs étrangers qui cherchent désormais à se positionner en amont même de la phase de capital-risque, au niveau de la phase de capital-amorçage. C'est ainsi qu'on voit émerger des « seed pools », des clubs visant à découvrir les futurs pépites le plus tôt possible. Les volumes des levées de fonds sont nettement inférieurs aux montants investis en capital-risque, avec des tickets entre 400 000 et 600 000 euros, mais ils interviennent à une phase de l'entreprise où ces investissements sont cruciaux.

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    Yann Ricard
    A propos de Yann Ricard

    Diplômé d'un Master 2 en Droit des Affaires et Fiscalité, Yann est en voie de devenir avocat. Eternel amoureux des legaltech, il a décidé de rejoindre l'aventure Captain. Son secret ? Il purge sa bonne conduite en dépassant les limites de vitesse en moto et en troublant le voisinage comme il le peut avec sa guitare.

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