Comment ouvrir un salon de coiffure ?

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Ouvrir un salon de coiffure

Sommaire

  1. Choisir son statut: artisan ou commerçant ?
  2. Activité et formation
  3. Choisir sa forme sociale
  4. RĂ©diger ses statuts
  5. La règlementation spécifique aux salons de coiffure
Ouvrir un salon de coiffure
Ouvrir un salon de coiffure constitue pour tout coiffeur un objectif Ă  plus ou moins long terme. Lancer sa propre activitĂ© n’est pas en soi un projet complexe. Qui plus est, le marchĂ© de la coiffure est en reprise, après quelques annĂ©es difficiles, le secteur est aujourd’hui le second secteur de l’artisanat français, derrière le BTP. Le secteur de la coiffure comprend trois types d’acteurs :
  • Les salons indĂ©pendants qui constituent la grande majoritĂ© des salons existants en France,
  • Les salons rattachĂ©s Ă  une enseigne qui reprĂ©sentent 10% du marchĂ©,
  • Et enfin les coiffeurs Ă  domicile.

Tout comme le choix de votre spécialité, masculin, féminin ou mixte le choix de vous rallier ou non à une enseigne est une problématique que vous devez anticiper.


Choisir son statut : artisan ou commerçant ?

En principe, l’activitĂ© d’un coiffeur est artisanale, qu’il exerce chez lui ou bien dans un salon. Etre artisan c’est faire valoir un savoir-faire. L’artisan exerce une activitĂ© professionnelle de production, de transformation, de production ou de prestation de services. A noter que vous avez la possibilitĂ© d’obtenir des labels qualitĂ©s propres au mĂ©tier d’artisan qui sauront valoriser vos compĂ©tences et votre savoir-faire aux yeux de votre future clientèle.

Cependant, il est possible de cumuler le statut d’artisan et commerçant dès lors que le coiffeur achète et revend des produits de soin capillaire, accessoirement Ă  son activitĂ© de coiffure. C’est une situation très courante chez les coiffeurs. Selon le code de commerce sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle. 

A partir du moment où vous avez le statut de commerçant, vous devez enregistrer votre activité au registre du commerce et des sociétés.

Si vous êtes artisan, vous devez inscrire votre activité auprès du répertoire des métiers. Etre commerçant ne suppose pas l’obtention d’un diplôme, contrairement à l’artisan qui a besoin d’un diplôme ou titre homologué pour pouvoir exercer (ou justifier de l’exercice de l’activité depuis au moins 3 ans).

Salon de coiffure : ActivitĂ© et formation 

Tout entrepreneur peut ouvrir un salon de coiffure sans être coiffeur lui-même. En revanche comme précisé ci-dessous, l’un des salariés doit être titulaire d’un diplôme de coiffure reconnu par l’Etat.

Pour ouvrir son salon de coiffure, l’entrepreneur doit avoir l’un des titres suivants :

  • Brevet professionnel de coiffure ;
  • Brevet de maĂ®trise de coiffure ;
  • DiplĂ´me inscrit au rĂ©pertoire national de certification dans un domaine directement liĂ© Ă  celui de la coiffure.

Il est néanmoins possible d’ouvrir son salon sans diplôme. Il faut alors qu’un de vos salariés ou votre conjoint (avec le statut de conjoint collaborateur ou conjoint-salarié) soit titulaire d’un de ces titres pour pouvoir exercer. Il ne s’agit pas de la meilleure solution car en cas d’absence de l’une de ces personnes, vous ne serez pas en mesure d’exercer.
Une autre alternative existe pour pouvoir exercer sans diplĂ´me :

  • Il faut que votre activitĂ© de coiffure soit exercĂ©e en complĂ©ment de votre activitĂ© principale ;
  • Vous devez exercer dans une commune de moins de 2000 habitants ;
  • Vous devez coiffer uniquement des hommes

Choisir sa forme sociale avant d'ouvrir un salon de coiffure

Le choix de la forme sociale sous laquelle vous souhaitez exercer votre activité va dépendre de plusieurs facteurs tels que :

  • Votre volontĂ© d’unir ou sĂ©parer le patrimoine du salon de coiffure et votre patrimoine personnel ;
  • Votre volontĂ© de vous associer avec un autre coiffeur ou de travailler seul ;
  • Le rĂ©gime de sĂ©curitĂ© sociale auquel vous voulez ĂŞtre affiliĂ©.  
Dans le cas d’un salon de coiffure vous avez le choix entre :
  • L’entreprise individuelle (EI) : si vous choisissez l’EIRL (entreprise individuelle Ă  responsabilitĂ© limitĂ©e), vous bĂ©nĂ©ficierez des avantages du statut d’entreprises individuelle et ceux d’une sociĂ©tĂ© commerciale (notamment une responsabilitĂ© limitĂ©e : votre patrimoine personnel n’est pas liĂ© Ă  votre activitĂ©). Si vous souhaitez exercer indĂ©pendamment votre activitĂ©, il s’agit de la forme la plus adaptĂ©e. 
  • Le statut d’auto-entrepreneur : formalitĂ©s administratives simplifiĂ©es et Ă  faible coĂ»t, fiscalitĂ© et charges sociales allĂ©gĂ©es, travail en toute indĂ©pendance (voire Ă  domicile), aucune comptabilitĂ© exigĂ©e par la loi et la rĂ©daction des statuts n’est pas nĂ©cessaire. Mais forme relativement dĂ©conseillĂ©e car prĂ©sente des seuils de chiffre d’affaires relativement bas Ă  ne pas dĂ©passer. En dehors de ces considĂ©rations, opter pour une micro-entreprise ne s’avère pas ĂŞtre un choix particulièrement judicieux. En effet, il vous sera impossible de dĂ©duire les charges du bĂ©nĂ©fice imposable. Ce qui peut s’avĂ©rer problĂ©matique Ă©tant donnĂ© l’importance de celles-ci dans la gestion quotidienne d’un salon de coiffure. Qui plus est, les seuils de la micro-entreprise sont particulièrement restrictifs et peuvent rapidement aboutir Ă  limiter le dĂ©veloppement de votre activitĂ©. Mieux vaut donc opter pour une sociĂ©tĂ©, mĂŞme s’il s’agit d’une entreprise individuelle ou unipersonnelle. 
  • Et la sociĂ©tĂ© commerciale (SARL, SAS, SASU, etc.) : qui suppose une volontĂ© de vouloir s’associer. 

Si vous choisissez cette dernière solution, le régime d’imposition est celui de l’impôt sur les sociétés (IS) pour toutes les sociétés (option à l’IR pour la SARL de famille). Enfin, le patrimoine personnel n’est pas lié à l'activité: la responsabilité est proportionnelle à l’apport que vous avez effectué pour constituer la société. Les contraintes de la société sont la rédaction des statuts, la comptabilité, l’établissement d’un siège social, l’approbation annuelle des comptes, le dépôt de la liasse fiscale (bilan et compte de résultat). La SARL et la SAS sont les formes les plus conseillées pour débuter une activité de salon de coiffure entre associés.

Rédiger correctement ses statuts en cas de société commerciale

Si vous choisissez la sociĂ©tĂ© commerciale, la rĂ©daction de statuts est un acte juridique obligatoire qu’il ne faut pas prendre Ă  la lĂ©gère. Les statuts forment les fondations de votre sociĂ©tĂ©. Ils contiennent l’ensemble des règles de fonctionnement. ConsidĂ©rĂ© comme un contrat de sociĂ©tĂ©, il dĂ©finit les règles de majoritĂ© en assemblĂ©e, l’organisation de la gouvernance de la sociĂ©tĂ©, ou encore le fonctionnement des comptes courants d’associĂ©.

Dans le cadre d’une SARL ou d'une EURL, les statuts doivent obligatoirement comporter :

  • La forme de la sociĂ©tĂ© ;
  • La dĂ©nomination sociale ;
  • Le siège social ;
  • L’objet social de la sociĂ©tĂ© ;
  • Le montant du capital social ;
  • L’identitĂ© des associĂ©s fondateurs ;
  • Si apports en numĂ©raire : dĂ©pĂ´t des fonds ;
  • Les modalitĂ©s de libĂ©ration des apports en numĂ©raire ;
  • L’évaluation des Ă©ventuels apports en nature ;
  • En cas d’apport en industrie : modalitĂ©s de souscription des parts sociales par apport en industrie ;
  • La rĂ©partition des parts sociales entre associĂ©s.
Il est important de bien se faire accompagner dans la rédaction des statuts pour optimiser l’organisation de son salon de coiffure.

Le choix des locaux d'un salon de coiffure

Pour trouver le local adapté à une activité de coiffeur, vous pouvez :

  • Conclure un bail commercial ;
  • Racheter un salon de coiffure dĂ©jĂ  existant (fonds de commerce), ce qui suppose l’acquisition d’un bail commercial en cours et d’une clientèle ;
  • Passer par une location-gĂ©rance d’un fonds de commerce, c’est-Ă -dire louer le salon de coiffure pendant une certaine durĂ©e en contrepartie d’une redevance au propriĂ©taire. Cette solution permet d’assurer la gestion du salon tout en Ă©vitant d’acheter Ă  des frais Ă©levĂ©s.

La rĂ©alisation d’un stage de prĂ©paration Ă  l’installation (SPI) de votre salon 

Puisque vous exercez une activitĂ© artisanale, une inscription au rĂ©pertoire des mĂ©tiers est obligatoire. Or cette inscription s’accompagner d’un stage de prĂ©paration Ă  l’installation SPI. Vous pouvez en revanche ĂŞtre dispensĂ© de ce stage notamment lorsque vous ĂŞtes en mesure de justifier d’une formation en gestion au moins Ă©gale Ă  la durĂ©e du stage ou lorsque vous avez dĂ©jĂ  exercĂ© Ă  titre indĂ©pendant une activitĂ© inscrite au registre des mĂ©tiers. 

Bon Ă  savoir : L'article 4 du projet de loi relatif Ă  la croissance et la transformation des entreprises (PACTE) prĂ©voit 2 modifications concernant le Stage de PrĂ©paration Ă  l'Installation (SPI) :

  • Le SPI sera facultatif. L’article 2 de la loi n° 82-1091 du 23 dĂ©cembre 1982 relative au stage prĂ©alable obligatoire du futur chef d’entreprise serait supprimĂ© en consĂ©quence. Il semblerait que le SPI sera facultatif qu’à partir du deuxième semestre 2019 (une fois le dĂ©cret d’application votĂ©),
  • Son coĂ»t sera abaissĂ© Ă  194€.

La réglementation spécifique aux salons de coiffures

Ouvrir un salon de coiffure vous oblige à respecter un certain nombre de règles, dont il convient de prendre connaissance.

La fixation des prix

Vous êtes libres de fixer le prix que vous souhaitez pour l’ensemble de vos prestations de coiffure. Vous êtes tenus d’afficher les prix TTC, de manière visible et compréhensible tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du salon. Les factures que vous remettez à vos clients doivent naturellement préciser les prix HTC et TTC des prestations.

En matière de TVA, vos activités seront soumises au taux normal de TVA. Les produits que vous vendez sont soumis au taux de TVA qui leurs sont propres, lorsque certains produits sont utilisés dans le cadre des prestations que vous proposez, ils peuvent être inclus dans les prestations de coiffure et donc soumis à la TVA.

L’accueil du public

Votre salon de coiffure a vocation à recevoir du public, vos locaux doivent donc respectés l’ensemble des normes en vigueur en matière de sécurité et d’hygiène. Ces règles sont valables tant pour vos clients que pour vos salariés d’ailleurs. En d’autres termes, il ne suffit pas que les locaux servant à accueillir le public soient conformes, mais bien l’ensemble de vos locaux, y compris les salles de pause ou vestiaires.

Enfin si vous souhaitez proposer Ă  votre clientèle de la musique dans votre salon de coiffure, vous devez obtenir prĂ©alablement une autorisation auprès de la SACEM, vous serez de plus redevable d’une redevance auprès de cet organisme. 

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Amélie Gautier

Écrit par

Amélie Gautier

Diplômée d'un Master en droit des affaires et passionnée par le monde de l'entreprise, Amélie s'efforce de rendre accessible les informations juridiques nécessaires aux entrepreneurs tout au long de leurs projets.

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